The Hounds

Crédit photo : Inès Paillié

À l’occasion de la sortie de leur premier EP LAB 01 le 24 juin prochain, nous avons rencontré THE HOUNDS, jeune groupe de rock toulousain. Bienvenue dans leur univers !

Salut The Hounds, est-ce que vous pouvez vous présenter ?

Salut ! The Hounds est un groupe toulousain créé il y a un peu plus d’un an. Il est composé de Daken au chant, Khan à la guitare, MAD à la batterie et Chipeur à la basse. Notre musique, c’est du mi-Rock, mi-coolos. Style un peu étrange à première vue. On explore pas mal de styles différents dans nos chansons et notre défi est de faire sonner ce mélange d’influences, sans avoir l’impression d’écouter quelque chose de complètement décousu.  

Comment vous êtes-vous rencontrés ?

Khan et MAD ont commencé la musique ensemble petit. Puis Daken et MAD se sont connus dans un groupe de métal. Enfin, MAD et Chipeur se sont rencontrés pendant leurs études. Quelques soirées et la volonté de faire de la scène avec un projet ont suffi à réunir tout ce beau monde autour du projet The Hounds.

D’où vous est venue l’idée de faire de la musique ensemble et de fonder The Hounds ?

The Hounds est né de notre envie de faire de la musique ensemble, tout simplement. L’envie de fusionner toutes nos influences et de voir le résultat, de construire des morceaux.

Pourquoi The Hounds ?

Joker, je confirme avec confirmation.

Qui est à l’origine de votre identité visuelle ?

Khan et MAD ont lancé notre identité assez tournée autour de l’humour avec les montages que vous pouvez voir sur notre insta, du fait maison. Maintenant on se constitue notre meute d’artistes et d’amis pour diversifier nos visuels. @ines.art_s par exemple, artiste designer, a créé les chiens qui nous représentent. Elle bosse aussi avec d’autres amies sur nos futurs projets, que vous aurez le plaisir de découvrir en venant nous suivre !

LAB 01

Votre EP sort mi-juin, pouvez vous nous en parler ?

Notre EP, LAB 01 (pour laboratoire n°01), doit sortir le 24 juin 2021 sur toutes les plateformes. Il représente pour nous le fruit d’une année d’expérimentations et de créations, la conclusion au premier chapitre de notre histoire. LAB 01, c’est donc 5 titres que nous avons retenus, qui n’ont aucun lien direct si ce n’est celui de nos expériences et inspirations personnelles. Cet EP, c’est juste du fun en boîte. C’est aussi une super pochette réalisée par @thesunprose !

« Unsmart Brain » le clip

Un clip est-il prévu pour accompagner la sortie de l’EP ?

Bien évidemment ! “Unsmart Brain” aura droit à un clip animé par Anko qui doit sortir avant la sortie de l’EP, le 17 juin. Il sera à l’image de notre EP : pas d’intrigue particulière, juste des chiens qui font leur vie.

Vous êtes quatre, quelles sont les influences musicales qui vous rapprochent ?

Oui, effectivement, c’est vrai, nous avons des influences qui sont un peu différentes, tous les quatre. MAD écoute du Death, style Gojira ou Cannibal Corpse pour s’endormir (entre 2 morceaux de Dua Lipa), alors que Chipeur écoute plus du Patrice Rushen ou du Jamiroquai pour pousser à la salle. Khan écoute des trucs pas ouf, comme [insérer groupe de jazz un peu technique] Jacob Collier ou Snarky Puppy, alors que Daken préfère se maquiller sur du Yungblud ou MGK. Ha oui pardon ce n’était pas la question, quelles sont les influences musicales qui nous rapprochent ? ARCTIC MONKEYS. Et tout autre groupe un peu sympa de rock accessoirement.

Avec quel groupe / artiste vous rêveriez de partager un titre ? 

On voulait un featuring avec Brahms mais on n’a pas réussi à joindre son agent.  Ces temps-ci on accepterait peut-être de laisser YUNGBLUD chanter sur un de nos titres, si jamais tu passes par là Dom. 

Quels messages souhaitez-vous faire passer à travers vos chansons ?

Notre musique et notre humour, au fond, sont comme du chocolat laissé sur une table en plein soleil : tu n’es pas sûr que ce soit toujours bon mais ça part d’une bonne intention. Vous ne trouverez pas encore forcément de message très engagé. Mais nous avons à peine 21 ans et écrire sur des sujets que l’on ne connaît pas assez bien ne fait pas vraiment partie de notre philosophie. Cet EP, c’est donc des histoires inspirées par nos expériences personnelles de jeunes êtres humains. En général, des relations amoureuses ou simplement des choses qui nous font rire. Par exemple, “Is The Sky Falling ? est un morceau qui (comme souvent) est né d’une blague du batteur (lui aussi c’est une blague) et qui a été entièrement créé en une soirée.

Quand ça sera possible avez-vous des projets de concerts ?

Mais plus que bien évidemment ! Le live, c’est un peu le saint Graal ! Que dis-je ? ! L’accomplissement de toute une vie ! Que dis-je ? ! Notre projet !!  Par contre, on préfère attendre que la situation sanitaire se calme un peu pour des dates. On a fait l’expérience en août dernier d’une personne positive au fameux virus tusaisqui lors de l’un de nos lives. Heureusement il n’y a pas eu de complications, mais ça nous a pas mal refroidis.

Quels sont les deux titres que vous écoutez et que vous conseillez à nos lecteurs ?

Sans doute “She Wants”, de Sunset Sons et “Devil in the Midnight Mass”, de Billy Talent. Quoi ? Bientôt des covers de ces morceaux sur notre chaîne ? Prouvez-le !

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Par Amélie. G

ANIMAL TRISTE

L’Artwork par Léonard TITUS

À l’occasion de la sortie du premier album d’Animal Triste le 4 décembre dernier notre magazine n’existait pas. Et c’est avec la version live de quatre de leur chanson, que les membres du groupe rouennais sont ressortis de leur tanière en ce printemps 2021. Il nous tenait à cœur de vous en parler.

Animal Triste c’est la réunion de six amis musiciens, Mathieu Pigné (Radiosofa / Darko) à la batterie, Fabien Senay (Radiosofa) à la guitare, Yannick Marrais (La Maison Tellier) au chant, David Faisques (Darko) aux claviers et à la guitare, Cédric Kerbache (Dallas) à la basse et Sébastien Miel (La Maison Tellier) à la guitare, autour de leur premier amour le rock le vrai.

Leur ambition ? Nous proposer une musique qui parle aux tripes. En cette période, il est plus qu’important de revenir à l’essentiel, aux choses vraies sans faux-semblant. C’est ce que nous propose le premier album éponyme d’Animal Triste. Un rock sans compromis, sans concessions comme un acte de résistance. Pari réussi, c’est l’album qu’ils ont rêvé d’entendre, pour notre part c’est l’album qu’on adore écouter.

Darkette Live Session

Chaque mercredi durant quatre semaines ils nous ont proposé un extrait live de leur album. Le premier extrait de ces lives enregistrés au Kalif à Rouen et première chanson de l’album, la sombre Darkette. Suivie par la très réussie reprise de Dancing in The Dark de Bruce Springsteen, qui presque quatre décennies après sa sortie fait plus que jamais écho à l’ambiance actuelle. C’est avec Out of Luck que le groupe nous emporte pour une avant-dernière session live et pour conclure ces dernières on ferme les yeux et on se laisse porter par la mélancolie de Sky is Something New. (Ce fut bien trop court )

Sky is something new Live Session

On ne peut que vous conseiller d’aller jeter une oreille (les deux c’est mieux) à l’album d’Animal Triste et un œil aux sessions live. Ça nous a donné une envie furieuse d’aller les voir sur scène dans la vie d’après. Un concert est prévu à la Maroquinerie à Paris le 25 novembre prochain. On attend la suite avec impatience.

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Par Amélie. G

Oslo Tropique

Les membres du groupe Oslo Tropique – Crédit photo : Emmanuel Delpix

Oslo Tropique c’est un oxymore qui jongle entre la froideur et la chaleur, des riffs de guitare et une plume incisive et engagée. Nous les avons rencontré à l’occasion de la sortie de leur premier EP le 21 mai afin d’en savoir un peu plus.

Pouvez-vous vous présenter à nos lecteurs ?

Nous sommes un quatuor rock toulousain créé en 2019. Une femme et 3 hommes, dans le désordre : Fred (guitare), Metty (batterie), Megane (basse) et Christophe (guitare, chant)

Comment vous êtes vous rencontrés ?

Nous nous sommes rencontrés dans le milieu rock toulousain ; nous avions déjà joué ensemble. Nous avions un répertoire avec Fred, et Megane nous a rejoints par la suite. Nous avons ensuite cherché un batteur. Quand Metty est arrivé dans le groupe, on a tout laissé tomber et on a recomposé tout un répertoire à quatre. On souhaitait qu’il y ait une véritable symbiose entre nous.

Quelles sont vos influences musicales majeures ?

Comme beaucoup de musiciens, elles sont nombreuses. Pour Oslo Tropique, on peut citer Royal Blood, Blood Red Shoes, Qotsa ou encore The Kills.

Quel est votre processus de création, d’écriture… ?

Nous avons essayé d’exalter ce que nous avions en commun. Et le plus petit dénominateur commun entre nous, c’est le rock brut, incisif et direct. On le vit comme une sorte d’exutoire. La musique est composée à quatre. On part d’une idée de l’un ou de l’autre : un pattern de batterie, un riff ou une mélodie. La musique d’abord, les mots viennent ensuite. Ils relèvent davantage du domaine de Christophe (chanteur). Les textes peuvent être symboliques, parfois obscurs mais il y a toujours des formules simples et accessibles. L’objectif est que l’auditeur prenne du plaisir avant tout, non pas qu’il se triture le cerveau. La quasi-totalité de nos textes sont sociaux et traitent de la surconsommation et de la crise écologique. Que voulez-vous, on vit une époque urgente !

L’EP – OSLO TROPIQUE

Pouvez vous nous parler de votre EP ?

Il sera composé de quatre titres dans la lignée du single  « Un Pavé dans l’Écran  » Il y aura un deuxième clip  » Les Grands Palaces  » pour accompagner cette sortie. Tout est chanté en français. C’est un peu notre marque de fabrique, allier un rock puissant et la langue de Molière. L’EP a été enregistré au studio L’Imprimerie à Toulouse avec Serge Faubert et mixé par Lionnel Buzac. C’est la même équipe qui avait réalisé le dernier album d’I Me Mine qui est sur le même label que nous à savoir : Les Jeudis Du Rock. Ensuite, on a choisi des titres qui nous résument bien. Normalement une fois que tu as écouté l’EP tu sais à quoi t’attendre.

Le titre « Un pavé dans l’écran » est un morceau brut et engagé, était-il important pour vous de mettre des images sur ces paroles ?

Oui, ça nous a permis de donner de l’impact au titre avec une dose d’humour ; ce qui fait du bien par les temps qui courent. Ce titre évoque ces moments où on laisse éclater sa colère chez soi, devant un écran ou un poste radio, en écoutant les nouvelles du jour mais ce sans jamais franchir le seuil de sa porte, descendre dans la rue ou militer d’une manière ou d’une autre. Si les auditeurs aiment ce titre, bien sûr ça nous fera plaisir mais si en plus, grâce aux images, une fois ou deux ça peut les pousser à sortir de chez eux alors cette chanson sera utile et ça pour nous c’est le Graal !

Le clip Un Pavé Dans L’écran

Elles ont été mises en image par le collectif HOTU, pouvez-vous nous en dire un mot ?

Pour ce premier clip, nous souhaitions apporter une vraie valeur ajoutée au titre audio. Pas juste de belles images mais quelque chose qui retienne l’attention. Hotu est un collectif très créatif, avec des clips extrêmement bien scénarisés. Ils savent également jongler entre le trash, l’humour et le sens. On leur a fait totalement confiance et ça a très bien fonctionné. Les premiers retours du clip montrent que le message est passé. Les gens apprécient l’énergie mais aussi l’esprit engagé du texte qui colle bien aux moments que nous traversons actuellement : confinés, interdit de culture, malmenés dans nos vies et nos métiers.

Face au contexte sanitaire, environnement actuel, les messages que vous souhaitez faire passer sont ils différents d’avant ? Bien plus forts ?

Il ne semble pas que la situation actuelle change l’idéologie de nos dirigeants et peu les comportements de nos concitoyens. Le chemin est souvent long pour sortir de l’alcoolisme, il en est certainement de même avec le consumérisme. Ceci dit, cette crise agit comme un révélateur des contradictions et absurdités de notre système et si ça peut accélérer des prises de conscience ça sera toujours ça de pris. S’il y avait un message supplémentaire à appuyer, il serait qu’il faut se méfier des extrêmes y compris quand ils viennent du centre. Donc différents non, mais plus forts peut-être. On peut aussi ajouter que si nous vivons une crise sanitaire de grande ampleur, ce n’est rien à côté de la crise écologique qui s’annonce. On verra bien ce qui est essentiel et ce qui ne l’est pas !

Avez vous des projets de concerts ? (Quand le contexte sanitaire s’y prêtera)

En salle comme en festival, nous avons un certain nombre d’options et pas mal de concerts qui n’ont pas pu se faire qu’il reste à reporter. On devrait pouvoir jouer un peu partout en France quand la situation le permettra. Sinon, pour contrecarrer la situation sanitaire, nous sommes en train de monter un projet de « concert roulant » pour cet été. L’idée est de jouer sur un camion qui déambule de rue en rue. On a déjà quelques villes intéressées, histoire de faire un pied de nez à ces absurdes fermetures de salles.

Pour finir, pouvez-vous proposer deux titres à nos lecteurs ?

Whispering sons « Surface » un titre très habité et Rouquine « Mortel  » très belle chanson.

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Par Jess. D

Gurl

Les membres du groupe GURL

À l’occasion de la sortie de leur premier EP GARDEN PARTY le 21 mai prochain, nous avons rencontré GURL un jeune trio de garage surf rock. Ils nous offrent une musique résolument enthousiaste et solaire et nous invitent à revenir à une spontanéité propre à la jeunesse.

Hello GURL, est ce que vous pouvez vous présenter ?

On est un groupe de rock parisien, respectivement Alexis au chant et à la guitare, Alexis à la batterie et Gabriel à la basse, ou un truc comme ça je crois.

Comment vous êtes vous rencontrés ?

Au concert d’un lycée local ! On a mis un peu de temps avant de se réunir et de jouer ensemble, chacun ayant ses groupes respectifs. C’est après une séance d’enregistrement improvisée à la campagne que Gurl est réellement né.

D’où vous est venu l’idée de faire de la musique ensemble et de fonder GURL ?

Etrangement on a des goûts assez différents tous les trois, pourtant on s’est tout de suite entendu sur comment on voulait sonner. Le fait qu’on soit de bons potes a rendu le truc encore plus spontané.

Pourquoi GURL ? 

Ça part de…enfin, c’est comme si, ‘fin tu vois… du coup, t’as capté. 

L’Artwork

Votre EP GARDEN PARTY sort le 21 mai, est-ce que vous pouvez-nous en parler ?

On choisi de garder toutes nos premières compo pour cet EP, l’idée c’était de créer quelque chose de spontané et solaire. Le titre vient de concerts qu’on a donné dans les jardins de nos potes l’été dernier, avec les moyens du bord. Toute cette énergie, cette joie c’est ce qu’on a essayé de transmettre dans nos morceaux. 

Le clip Friends

Pourquoi avoir choisi de dévoiler FRIENDS comme premier titre ?

Tout simplement parce que il était le plus représentatif de l’esprit de l’EP. On a pensé le clip comme une série de souvenirs d’un été passé avec nos potes, à rêver de voyages et de liberté.

Vous proposez une musique jeune et spontanée, quelles sont vos influences ? 

On est tout aussi inspiré par la scène rock émergente australienne que par des groupes de garage des 60s et de punk de fin 70. À coté, on est aussi pas mal inspiré par le surf rock et la scène alternative des années 90.

Avec quel groupe vous rêveriez de partager un titre ? 

Spontanément on aurait envie de répondre Skegss mais en réfléchissant bien les potos de LEMONPARTY sont quand même chaud.

Quels messages vous souhaitez faire passez à travers vos chansons ?

On veut inciter ceux qui nous écoutent à vivre le moment présent. 

Quand ça sera possible avez-vous des projets de concerts ? 

Evidemment, en vrai on attend que ça, on a pas encore eu l’occasion de remplir une salle mais des qu’on pourra, on enchaînera. 

Deux titres à proposer à nos lecteurs ?

Ecoutez Family tree de Black Lips, c’est notre hymne, et sinon pensez à jeter une oreille à SIK

Retrouvez GURL sur Instagram et Youtube

L’EP est disponible sur Bandcamp et en streaming.

Par Amélie. G

City Of Exiles

L’Artwork par Arman Méliès

City Of Exiles nous avait déjà annoncé la couleur avec la publication de leur premier extrait Someone en juillet 2020. La sortie de leur premier album éponyme le 15 janvier 2021 n’a fait que confirmer notre avis les concernant. Un disque authentique né d’une vraie histoire d’amitié qui fait voyager le cœur et l’esprit en cette période un peu morose. Récit d’un entretien avec Mathieu Pigné batteur de City of Exiles.

Quelle est l’histoire de la création de City of Exiles

Tout ça part de Guillaume (Guillaume Lebouis). Guillaume était le manager de Radiosofa c’est comme ça qu’on l’a connu. À l’époque il travaillait dans une salle au Havre, il faisait tout pour nous (manager, régisseur, tourneur …). C’est ce genre de personne avec qui tu peux avoir des discussions jusqu’à 7h du matin pour savoir qui de Jimi Hendrix ou de Jim Morisson est le plus talentueux etc. C’est un fou de musique, aller chez lui c’est comme visiter le musée du vinyle, c’est incroyable. On est toujours restés extrêmement proches. Il n’avait jamais fait de musique mais a un amour total et complètement génial pour les musiciens et tout ce qui entoure la musique. Et il s’est toujours dit qu’un jour il se ferait un cadeau. Pour lui ce cadeau c’était de se dire un jour j’enregistrerai un disque dans le studio dont je rêve, avec les musiciens dont je rêve et avec mes chansons. Un jour il nous a dit les gars j’ai des petites chansons, et nous les a fait écouter en guitare-voix. On est donc arrivés en studio avec Fabien Senay (Radiosofa, Animal Triste), Mathieu Forest (Radiosofa, Aloha Orchestra), Pauline Denize (DENIZE), Jean-Baptiste Mabille (Aloha Orchestra), avec aux manettes David Fontaine et tout ça mixé par Antoine Gaillet. Ce groupe c’est un laboratoire, l’un de nous sentait un peu mieux un morceau alors il en prenait les commandes et un autre travaillait plus sur une autre chanson par exemple. Ça s’est passé en plusieurs sessions, c’était comme une sorte de doux rêve où tout est facile. Guillaume nous faisait une confiance aveugle, il avait ses chansons à la base et on faisait tous avancer le projet ensemble. En vrai c’est une belle histoire, et je trouve que nous on va bien avec cette histoire. C’étaient aussi des moments qui n’étaient pas toujours faciles dans nos vies personnelles parce que Radiosofa c’était fini, parce qu’on était tous dans des groupes qui marchaient plus ou moins ou dans des projets de variétés qui n’étaient pas faciles à tenir, des choses comme ça. Ça nous a fait beaucoup de bien de retourner à quelque chose d’hyper essentiel et simple, on ne pensait qu’à la musique. On savait très bien que c’est le genre de projet que tu ne comptes pas vendre, il ne faut surtout pas faire de la musique pour ça. Ce disque c’est le disque que tu as envie et que tu aimerais écouter, c’est ça que Guillaume a voulu faire.

Pourquoi City of Exiles ?

C’est Guillaume qui a trouvé le nom parce que c’est lui l’âme du groupe, c’est lui qui nous a fédéré et réuni tous ensemble. C’est le titre d’un livre qu’il a lu City of Exiles de Stuart Braun, qui parle de tous ces artistes qui ont eu leur période Berlin. C’était un peu l’exil des rockeurs comme Nick Cave ou David Bowie, la ville bruissait de pleins d’activités artistiques et de créateurs. Je sais qu’il avait fait un voyage à Berlin où il avait trouvé ce livre, et je crois que c’est ça qui l’a intéressé.

De gauche à droite : Fabien Senay (guitares), David Fontaine (sons), Mathieu Pigné (batterie), Pauline Denize (violons et chant) et Guillaume Lebouis (chant)

Vous êtes sept était-ce une volonté ?

City of Exiles est une hydre à géométrie variable, c’est à dire que réellement la base du groupe c’est Guillaume évidemment, Fabien, Matthieu, Pauline, moi et bien sûr David Fontaine qui enregistre. Mais c’est surtout un collectif d’artistes qui bosse sur le projet autour de Guillaume, c’est un peu ça l’idée.  Guillaume a cette force et c’est aussi son côté grand fan de musique mais c’est un homme qui sent très bien les choses, et je me le dis avec le recul que ce n’est pas un hasard s’il nous a réunis tous ensemble en studio. Et je crois qu’il a senti qu’on en avait besoin même si nous ne le savions pas.  

Quelles sont les influences majeures pour City of Exiles ? Sont-elles différentes selon les membres ?

Il y a des choses très communes mais elle est bien cette question parce qu’en fait c’est très différent, autant sur Animal Triste on a un terreau très commun, là il y a des choses qui nous rejoignent. Guillaume c’est un puit de science et de culture musicale qui brasse de tout, il est très blues par exemple mais le vieux blues, le blues du delta. On se rejoint sur ce côté blues que Fabien a beaucoup, que moi j’ai, que Guillaume a forcément mais que Matthieu Forest lui n’a pas du tout. On a trouvé des influences communes pour aller au bout du projet mais ça c’est quelque chose qu’on dépasse très vite parce qu’une chanson tu te dis je vais la penser comme The National, comme Soundgarden ou comme The Doors, je vais la penser de telle ou telle manière. Et puis très vite la chanson c’est ton enfant, il te dépasse, il va où il veut. Mais je me souviens quand on a enregistré cet album on pensait beaucoup à The National c’est un groupe pour lequel on était tous réunis dessus, Nick Cave aussi.  

Quel est le processus de création de City of Exiles (de l’écriture à l’enregistrement) ? Qui écrit les chansons ? Vous composez en groupe ?

Guillaume écrit toutes les chansons, il écrit vraiment toute la trame mélodique. Il arrive avec une idée et les ponts c’est souvent ensemble que ça arrive. Les arrangements et bien on les dessine un peu tous ensemble. Ce qui est chouette mais comme énormément d’artistes c’est les limites de ses compétences et il en a beaucoup, il arrive avec sa chanson et il nous la donne. C’est un peu comme s’il nous avait fait le croquis de sa maison idéale en disant c’est moi qui vais habiter dedans, c’est moi qui vais chanter la chanson, mais alors éclatez-vous sur les couleurs parce qu’il sait qu’on ne va pas lui mettre du jaune moutarde avec du bleu pastel il sait qu’on va lui faire ça plutôt cool, on va y mettre du noir.  Ce qu’on a bien aimé pour cet album et même pour le prochain, c’était arriver avec un squelette de morceau. Se dire ce morceau en guitare-voix il est chouette mais quand on arrive en studio on ne sait pas d’avance ce qu’on va en faire et ça c’est super agréable parce que ça nous laisse une liberté totale. C’est à dire qu’on entend le morceau on cherche à comprendre où Guillaume place bien sa voix et une fois qu’on a le truc, j’essaie de me l’imaginer dans ma tête. C’est comme si je me faisais un croquis, je vais tout seul derrière ma batterie on m’enregistre et j’imagine un refrain et après on construit autour. Il y a une grosse part d’improvisation j’adore cette liberté-là, si le morceau doit faire 10 minutes il fera 10 minutes.

C’est ce qu’on se disait avec Guillaume il faut faire le disque que tu aurais envie d’écouter, le rock est si peu éclairé aujourd’hui que ça nous laisse une liberté totale encore plus de se dire on a raison de faire ce qu’on veut. On est libre.

Someone, premier extrait de City Of Exiles

Votre album est sorti le 15 janvier, peux-tu nous en parler ?

Qu’est-ce-que je peux vous raconter. Les morceaux se sont tellement faits facilement et naturellement en fait on prenait un guide à chaque fois, on se disait tient sur ce morceau on va penser à Other Lives. Guillaume a aussi pensé à la chanson One Silver Dollar de Marilyn Monroe, c’est très difficile de se frotter à quelque chose comme ça et Pauline la chante merveilleusement bien. On avait envie que ce disque fasse voyager qu’il ne soit finalement pas cohérent, que tous les morceaux soient disparates. On voulait qu’il se passe quelque chose en tout cas qu’on plonge dans notre univers. Ça fait longtemps que je travaille avec Fabien et Guillaume et je suis toujours fasciné par cette fierté de potes. C’est à dire que ton ami il arrive tu lui dis fait ce que tu veux et d’un seul coup il te surprend encore. Ça procure une émotion très puissante de te dire que ton pote il est capable de ça. C’est très agréable et on a réussi à avoir ça avec ce projet. On a voulu surprendre tout en se faisant confiance. C’est cette liberté de quadragénaire qui n’en ont plus rien à faire qu’on leur impose des choses.    D’ailleurs il est important que je parle de David Fontaine, je me dis souvent que je n’en parle pas assez de ce garçon. C’est un vrai militant du rock c’est à dire qu’il ne fait pas de compromis mais pour autant il n’est pas du tout manichéen ni donneur de leçon. C’est un mec qui aime vraiment la musique et qui veut enregistrer des choses qui lui parle et qui lui plaise. On enregistre chez lui dans sa maison et je ne sais pas comment dire mais on y est bien, très peu de wifi pas de 4G. Tu es au coin du feu, tu fais de la musique et tu restes dormir là-bas. Ce moment je crois qu’il est nécessaire pour le son. Je me rends compte que City Of Exiles et Animal Triste sonnent extrêmement bien, je ne dis pas ça pour nous jeter des fleurs c’est à lui que je jette des fleurs. Il arrive à trouver quelque chose qui fait le son beau et c’est très impressionnant. Ce mec est dingue. Il y a du cœur et de l’âme un peu partout dans ce disque et je pense que c’est ce qui fait la réussite de l’écoute, de se dire que si nous tous on en est fier c’est qu’il est réussi. Ces disques là ce qui est intéressant c’est de se dire qu’ils nous survivront quand on sera plus là et nos kids regarderont les discothèques et se diront il n’a pas fait que des trucs pourris, il a fait des disques bien.

Une voix féminine et une voix masculine était-ce une volonté au départ ?

C’est pareil toujours c’est encore très à l’instinct. Dans les références qu’on avait au moment d’enregistrer ce disque il y avait Mark Lanegan, on l’aime beaucoup tous pour le coup c’est quelqu’un qui nous rejoint tous. Il y avait quelque chose un peu comme Cocteau avec la Belle et la Bête, c’était marrant de jouer avec la voix grave Guillaume et celle de Pauline. Ça nous faisait penser à Mark Lanegan et Isobel Campbell, c’est une très belle référence aussi. Donc c’est comme ça que c’est venu et quand on a Pauline avec un tel talent et une telle voix dans un groupe c’est dommage de s’en priver. Leurs deux voix ensemble c’est vraiment très beau. 

Un petit mot sur ce bel artwork par Arman Méliès ?

Le disque fini il faut lui trouver une pochette, on aurait pu prendre des très jolies photos sur internet. Et pour l’histoire Arman il est là depuis un petit bout de temps, c’est un vrai artiste et sa route est jolie. Et Guillaume il faisait ses premiers pas en tant qu’artiste. Des mecs comme Arman et Guillaume il n’y en a pas beaucoup, c’est à dire que ce sont des défendeurs de la liberté musicale et artistique. Je pense que les amis ça s’admire, et Arman c’est un vrai ami. C’était vraiment logique. Guillaume aimait bien ses dessins et ses tatouages, il lui a demandé s’il avait envie de faire la pochette. Arman a accepté, c’est très simple comme fonctionnement. C’est familial.

Avez-vous de futurs projets pour le groupe ?

Un album qui commence à être pas mal avancé, on doit avoir une petite dizaine de titres qui sont bien avancés. Ça sera quasiment le même fonctionnement, je peux déjà vous dévoiler le casting. Il y aura Pauline, Fabien, Matthieu, Guillaume, Darko (Animal Triste, Darko), moi et sans doute quelques invités. C’était rigolo d’entendre chanter Guillaume derrière un micro pour la première fois en studio pour le premier disque, il ne l’avait jamais fait et on a été surpris par la chaleur et la qualité de sa voix. Et je me suis rendu compte en enregistrant pour ce deuxième disque sans vous dévoiler quoi que ce soit, que sans prendre de cours de chant sa voix avait pris de l’épaisseur elle est encore plus belle. Il nous reste un peu d’arrangement à faire, bien évidemment le mixage mais ça arrivera bien après. En tout cas c’est enregistré par David Fontaine et ça c’est important. Ça commence à bien bosser sur la pochette, je peux déjà vous dire que ça sera Léonard Titus qui a fait celle d’Animal Triste. On est très content de faire ça avec Guillaume, Fabien, Darko, Matthieu et Pauline. Il y a vraiment toujours cette même spontanéité qui est vraiment tout aussi chouette.

Est-ce que la situation sanitaire a changé votre façon de travailler ?

Pas tellement ce qui a juste changé c’est que c’est plus compliqué de trouver des créneaux pour enregistrer, parce qu’il y a la distance géographique et le travail des uns et des autres. City Of Exiles c’est ce genre de projet où on bosse vraiment à coup de 4 jours, on essaie de se faire une session du jeudi soir au lundi matin et on travaille à fond. 

Quelle est ta chanson préférée de l’album ? Pourquoi ?

La première Amor For Broken Heart, il y a un truc quand les violons rentrent qui se passe. Il y a quelque chose de très touchant dans le chant un peu post-rock à la Godspeed You ! Black Emperor que je trouve intéressant dans cette chanson. J’aime beaucoup la mélancolie de Someone aussi, pour le coup c’est celle qui est le plus comme The National. Dirty Lovers, sur celle-ci il y a un solo de Fabien que je trouve hallucinant. Il a encore réussi à m’époustoufler, je me suis dit mais « waouh quel chouette guitariste ».

Est-ce que vous comptez faire des concerts ?

Oui bien sûr admettons que la Covid ne soit plus là, oui ça serait vraiment super. Ça sera à mon avis des concerts ponctuels, pas des grosses tournées mais plutôt des concerts évènementiels dans de supers lieux. Enfin pour moi c’est un peu ce que j’imagine pour City Of Exiles. Trouver un endroit assez dingue genre une chapelle. Pour moi il y a un truc un peu chorale, un peu à la Arcade Fire à trouver quelque chose d’intéressant comme ça avec beaucoup d’instruments … Je pense que c’est ce qu’il faudrait faire quelque chose de très évènementiel avec ce groupe-là. Je vois ça comme un objet noir et délicat qui devrait prendre vie de temps en temps dans des lieux incongrus. Maintenant je vous dis ça mais il faut qu’on en discute tous ensemble, mais je suis sûr que ça se fera. 

Par Amélie.G

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