Stubborn Trees

Avec la sortie de leur second EP Roots le 12 novembre dernier, le quatuor rock Stubborn Trees revendique ses racines. Au fil de leur chansons ils nous font découvrir le parcours qui les a construits, à travers des thèmes comme la volonté d’avancer coûte que coûte mais aussi l’envie de vivre l’instant présent. On vous laisse découvrir l’univers d’arbres uniques en leur genre. 

Salut Stubborn Trees, est-ce que vous pouvez vous présenter ?

ST : Salut, on est un groupe de rock alternatif, situé au sud de l’Oise (nord 95). La formation actuelle existe depuis 2 ans.

Comment vous êtes-vous rencontrés ?

Laurie : J’ai répondu à une annonce, il y a un petit bout de temps de ça. Yann cherchait d’autres musiciens intéressés pour jouer ses compos. On a commencé à travailler ensemble, j’ai amené mes propres compos également. On était juste tous les deux, Yann à la guitare et moi à la basse. Yann composait des pistes batteries qu’on envoyait en live via une pédale.

Julien : En 2019, je suis allé les voir jouer (on se connaissait déjà). A la fin du set, j’ai proposé de me joindre à eux en apportant une 2ème guitare au projet. J’ai également proposé à un de mes bons potes, Camille, de nous rejoindre en tant que batteur.

Yann : Et voilà, le line up était complet !

D’où vous est venu l’idée de faire de la musique ensemble ?

Yann : On fait tous de la musique depuis toujours ou presque. Je suis en grande partie autodidacte, Laurie a une formation classique ; Julien et Camille ont étudié à l’Atla. On a tous été, à un moment ou un autre, à la recherche du bon projet et c’est celui-ci qui nous a réuni. On se retrouve sur le style, les influences, les envies.

Camille : On va composer de plus en plus ensemble ; c’est en tout cas ce que l’on souhaite mettre en place pour la suite.

Y a t’il une histoire derrière le nom de votre groupe ?

Laurie : Oui, bien sûr ! On appelle stubborn tree (littéralement arbre têtu) ces arbres qui poussent malgré les obstacles. Ils continuent leur route, quoi qu’il se passe, ce qui leur donne souvent des formes étranges et hors du commun. Voilà, tout est dit ! Être un stubborn tree c’est ça : avancer, coûte que coûte, malgré les obstacles et les déceptions, et devenir un truc unique, super bizarre mais riche et intéressant. On est tous quelque part des Stubborn Trees, nos parcours nous construisent. Il paraît qu’il y a un proverbe asiatique qui dit un truc du genre : l’arbre sage et droit fini en planche, l’arbre tordu vit sa vie. CQFD, soyez un peu stubborn 😉

Yann : Et puis l’arbre est aussi une force de la nature. On aime bien l’idée que la nature puisse gagner le combat.

Vous nous avez mis en boîte avec le clip de Carpe Diem, pouvez-vous nous en parler ?

Laurie : Ah oui, un gros morceau ce clip ! On ne va pas tout expliquer non plus, parce qu’on aime bien l’idée que ce qu’on raconte dans nos morceaux ou nos clips puissent être compris de plusieurs manières, selon le ressenti de chacun. Il n’y a pas qu’une vérité.

Yann : Dans Carpe Diem, on a eu envie de parler de l’enfermement. Chacun est dans sa boîte, dans son petit univers. Et peut-être faudrait-il essayer de sortir de sa zone de confort, de son petit cube, avant qu’il ne soit trop tard, avant de perdre les pédales ! Le temps passe vite, alors faisons les choses avant qu’il ne soit trop tard, cueillons les roses de la vie, Carpe Diem.

Laurie : Pour le côté réalisation du clip, on a écrit, scénarisé, fabriqué les décors et certains accessoires. Puis on a réuni une équipe pro pour la réalisation, les lumières etc…

Quel a été votre processus de création pour ce second EP Roots ?

Yann : Les morceaux de Roots ont été composés par Laurie ou moi. On a choisi les meilleurs morceaux qu’on a ensuite retravaillé à deux : structure, mélodies, jusqu’à ce que ça nous plaise à tous les deux.

Laurie : La plupart des morceaux de cet EP existaient avant que notre groupe soit au complet. Le passage de deux à quatre les a énormément enrichis, notamment avec l’ajout d’une deuxième guitare et d’une batterie live !

D’où puisez-vous votre inspiration ?

Laurie : Ah, si on avait la réponse à cette question… !

Yann : Pour ce qui est des textes, de notre quotidien, nos expériences de vie, notre rapport au monde.

Quels messages vous souhaitez faire passez à travers vos chansons ?

Laurie : c’est avant tout la musique qui nous met sur la voie. En fonction de la composition et de ce qu’on ressent quand on écoute la mélodie, on va avoir envie d’aborder tel ou tel sujet. Après, j’essaie de ne pas être dogmatique dans ce que j’écris. Je n’ai pas envie de dire ce qu’il faudrait faire ou ne pas faire… J’aime l’idée que tout le monde puisse s’approprier une chanson et qu’elle résonne différemment d’une personne à une autre.

Yann : On parle essentiellement de ce qu’on ressent, de nos questionnements sur la vie, le monde qui nous entoure. On aborde des thèmes comme l’envie d’avancer, de tracer sa route, de garder le cap, le besoin de reprendre sa vie en main comme dans What’s Left, mais aussi, l’enfermement, vivre l’instant présent (Carpe Diem), la difficulté à être pleinement soi-même (Fake of me)…

Laurie : Des thèmes très « stubborn » !

Vous êtes quatre, quelles sont les influences musicales qui vous rapproche ?

Yann : On a tous les quatre des influences communes, on est tous des gros fans de rock au sens large. Le rock qui part des Beatles en passant par Pink Floyd, Led Zep, Deep Purple, Metallica, puis la vague grunge Nirvana, Foo Fighters, QOTSA, etc…

Laure : Après on s’enrichi aussi de nos divergences. Yann écoute également du metal (Mastodon, Devin Townsend, Soilwork), moi je suis très Pixies, Highly Suspect…

Camille : Perso, je suis aussi fan de Tool.

Julien : Moi j’aime beaucoup David Gilmour, Ritchie Blackmore ou encore les JB’s de James Brown.

Avec quel groupe / artiste vous rêveriez de partager une chanson sur scène ?

Laurie : Je crois que la liste serait trop longue !

Julien : Les artistes avec qui je kifferais partager la scène sont tous morts pour la plupart ! (rires)

Yann : Ahah, il y en a tellement. Un petit feat. avec Dave Grohl, ce serait trop cool ! Sinon, en groupe français, on aime beaucoup les Stuck in The Sound. Ça nous ferait vraiment tripper de partager un titre ensemble !

Avez-vous des projets pour la suite ?

Yann : On va s’attaquer sérieusement à la scène, on a envie de défendre cet EP en live maintenant !

Julien : Oui et en parallèle, on commence à travailler sur le successeur de Roots pour enchainer assez vite. On a déjà une première sélection de morceaux qu’on commence à bosser en répète. On en compose de nouveaux également…

Camille : On gardera les meilleurs ! (rires)

Quels sont les deux titres que vous écoutez et que vous conseillez à nos lecteurs ?

Laurie : Petit Chat de Stuck In The Sound ! J’adore ce morceau, à la fois génial et complètement fou. Yann : Babalon d’Andrew W.K. Son dernier album God Is Partying mélange pas mal d’influences, parfois kitsch, mais ça s’écoute super bien !

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Par Amélie. G

Penny Was Right

Le 10 décembre 2021 les membres du groupe Penny Was Right nous ont offert leur dernier album Happy Machine. Ces dix chansons nous emportent au son d’un punk rock brut plus mature sur le chemin de ce qui fait de nous ce que nous sommes, les marques de la vie. 

Hello Penny Was Right, qui êtes vous ?

On est un groupe de punk à roulette. On fait de la musique pour passer un bon moment, on est 5 et on aime le Jager Bomb et les pizzas.

Quelle est l’histoire de votre groupe ?

Dalia a créé le groupe en 2013 avec l’envie de faire de la musique sans prise de tête pour faire sauter le public. Elle et Cara se sont rencontrés au Roller Derby et ont décidé de se lancer ensemble dans cette folle aventure. Depuis 2013, on a pas mal changé de line up avant de trouver notre forme actuelle.

Et pourquoi avoir choisi Penny Was Right comme nom ?

Parce que Pussycat Dolls était déjà pris… Plus sérieusement, c’est une référence à la série préférée de Dalia The Big Bang Theory.

Quel à été le processus de création de Happy Machine votre deuxième album (de l’écriture à lenregistrement en passant par la composition) ? A t’il été différent pour Dumb & Wild votre premier album et pour vos précédents EP ?

Happy Machine est un album particulier pour nous parce qu’on l’a composé pendant la pandémie. Donc une grande partie de l’album a été composée à distance durant les confinements. Ca a demandé de redoubler d’imagination et d’organisation. Un vrai challenge qu’on a tenté de relever aussi bien que possible.

Est-ce que vous avez une anecdote de studio (ou autre) à nous raconter ?

Un mois avant de partir en studio pour enregistrer l’album, on n’avait toujours pas pu tester en live les morceaux. Comme on avait tout composé à distance, on n’avait aucune idée du rendu réel. On n’avait aucun créneau pour répéter à cause du Covid et des couvre-feux. On a donc loué un château pour s’installer le temps d’un weekend et tester tous nos morceaux en vrai pour la 1ère fois à quelques semaines de l’enregistrement. La pression !

Quelles sont vos influences musicales principales ? Sont-elles différentes pour chacun d’entre vous ?

On a tous grandi avec le punk rock américain comme The Offspring, Blink 182, Sum 41, Nofx, Rise Against… Individuellement, on a des horizons plus larges et différents. On peut ainsi passer du hardcore au garage en passant par la salle de bain et Francky Vincent.

Avec quel groupe ou artiste vous rêveriez de partager un titre ?

Dave Grohl et Bonnie Tyler.

Votre album se nomme Happy Machine, quel est le message derrière ce nom ?

L’album représente les dualités qu’on peut avoir dans la vie. Les mécanismes et rouages qu’on se traine pendant des années et qui nous affectent. Et à côté de ça, on continue de garder espoir, d’avancer et de chercher le bonheur partout tous les jours. Dans l’album il y a des textes sombres qui traitent de l’absence d’un père ou du suicide, mais aussi des messages d’espoir et d’amour. C’est toute cette dualité, ces contrastes qu’on a voulu montrer. Happy Machine est la symbolique de tout ça.

Quels messages ou émotions cherchez-vous à faire passer à votre public à travers les chansons de ce nouvel album ?

Notre musique c’est un peu comme un feu de camp sur la plage au coucher du soleil. Ce qu’on cherche c’est que le public passe un bon moment. On veut que ça fasse renaitre l’adolescent qui sommeille en chacun. On est très beer, geek et skate.

On aime beaucoup l’image de ce robot tenant son coeur, pouvez-vous nous parler de la pochette de votre album ?

On avait quelque chose de très précis en tête. On a fait appel à un artiste indonésien qui était fan de notre musique. On a adoré la collaboration qui s’est passé naturellement.

Avez-vous des projets de concerts pour la suite ?

On commence à planifier des dates pour 2022. Tout ce qu’on peut dire c’est qu’on va prendre la route. Pour l’instant on a déjà Lyon et l’Angleterre de prévu… Affaire à suivre.

Auriez-vous deux titres que vous écoutez tous les cinq à proposer à nos lecteurs ?

Dammit de Blink182 pour l’état d’esprit  et Shake de The Creepshow avec qui on avait partagé la scène du Cirque Electrique et qui nous avait hyper impressionné sur scène.

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Bleu Nuit

Crédits photo : William Daviau

Ce soir nous traversons l’océan Atlantique direction le Quebec pour rencontrer Bleu Nuit. Ils nous présentent Métal, leur nouvel album concept labyrinthique sorti en novembre dernier mélangeant post-punk, new wave et art rock. On vous laisse découvrir la froideur électrique et conductrice de leur Métal.

Hello, est-ce que vous pouvez vous présenter ?

Bonjour ici Yan Skene (guitare, voix et synthés). Dans l’équipage Bleu Nuit il y a également Nicolas Gaudreault (guitares, synthés), Maxime Sanschagrin (basse) et Marc-Antoine (percussions).

Quelle est lhistoire derrière Bleu Nuit ?

Tout a commencé après la séparation de nos projets respectifs (Pandacide et Eliza). On avait le goût de faire de la musique sans pression et sans trop d’ambitions honnêtement ! Finalement, nos goûts se sont vite développés et on a eu envie de faire un truc plus post-punk. D’ailleurs, le nom Bleu Nuit vient d’une chanson écrite par le groupe Timber Timbre et non d’une émission semi-érotique diffusé sur les ondes télévisuelles québécoises durant les années 90.

Metal cest une matière plutôt froide, pourquoi donner ce nom à votre album ?

C’est effectivement pour ça que l’album s’appelle Métal ! Le côté froid, électrique et conducteur colle bien avec notre nouveau son. C’est aussi un hommage à un des artistes qui a influencé l’album, Gary Numan et la face b de son 7 pouces Cars. Je trouvais ça cool aussi de potentiellement voir un article sur nous avec comme titre : « Bleu Nuit passe au Métal avec leur plus récent album ».

Une atmosphère différente émane de chacune de vos chansons, était-ce une volonté ?

Le côté labyrinthique est une partie essentielle de l’album. On essaie toujours de faire réagir l’auditeur et de le remettre en question. Qu’est-ce que j’entends ? Ça ne fait pas de sens que la chanson se termine abruptement ? C’est exactement le genre d’effet qu’on veut produire. Métal est un album concept qui forme un tout, mais il est également possible de s’identifier à un titre en particulier d’où la force de cet album.

Quelle est votre chanson préférée de lalbum ?

Je crois que Météore, c’est vraiment la préférée de tout le monde. On a eu vraiment du plaisir à enregistrer ça et elle est vachement chouette à jouer en concert ! Le bridge avec les bongos, c’est vraiment notre partie préférée.

Vous avez enregistré votre album dans des conditions particulières, avez-vous une anecdote de studio ?

L’album à débuter un 11 mars 2020, soit deux jours avant le confinement complet au Québec. La création de ce disque a été mise sur pause pendant plusieurs mois et par la suite, on a décidé de se construire notre propre studio d’enregistrement dans le quartier industriel d’Ahuntsic. Un petit 100 pieds carrés au quatrième étage d’un building commercial. Je crois que le plus fou dans tout ça, c’est que le 24 novembre 2020, le Québec était frappé par un vent de chaleur et il faisait près de 30 degrés. On a justement enregistré Météore cette journée ! La chaleur a donné le ton à la chanson, c’est certain.

Quel est votre processus de création notamment pour Métal, de la composition à lenregistrement en passant par l’écriture ?

La musique est toujours composée en premier. Pour Métal, on a refait, je dirais minimum trois à quatre fois les chansons jusqu’à temps qu’on soit rendu au maximum de nos capacités. J’ai (Yan) mis beaucoup de temps sur les paroles et je crois que je me suis nettement amélioré à travers ce disque niveau paroles. On est vraiment satisfait du résultat et contrairement au premier album, on a eu du temps, du financement et des ressources suffisantes pour créer, selon nous, l’essence qu’est Bleu Nuit aujourd’hui en 2021.

Vous chantez en français était-ce une évidence ?

Le français est notre langue principale et on est fier de la défendre. Quand j’écris en français, je travaille fort pour trouver des mots qui ne tombent pas trop rapidement dans le kitsch. Je crois que dans le genre post-punk francophone, c’est audacieux de le faire en français et c’est notre rôle de faire rayonner notre langue partout à travers le monde.

Quelles sont vos inspirations communes ?

Joy Division. Étant un énorme fan de nature, j’ai pas mal forcé les gars a écouté ça au maximum pour qu’ils absorbent leur univers. Je dirais tout ce qui tourne autour de ce genre-là et de quelques trucs plus récents comme Preoccupations ou Crack Cloud.

Qui est à lorigine de lartwork sur la pochette de lalbum ?

On a eu la chance de travailler avec Oliver Pitt. Cet artiste travaille uniquement de façon analogue. La pochette a été faite 100 % à la main avec beaucoup d’outils métalliques et de méthode peu traditionnelle aujourd’hui. Ça a rapidement donné le ton à l’album d’ailleurs.

Avez-vous des projets de concerts ? Au Canada ? Et en France ?

Oui ! On travaille en ce moment même sur une tournée en France pour avril 2022 et on a très hâte. L’accueil en France est vraiment top et les gens sont très curieux. Nous venons de sortir une session live enregistrée en octobre dernier dans le cadre de M. pour Montréal et on suggère à tout le monde d’aller voir ça. C’est super beau et bon !

Quels sont les deux titres que vous écoutez et que vous conseillez à nos lecteurs ?

Exek – Several Souvenirs (Good Thing They Ripped Up The Carpet) / Lulus Sonic Disc Club

NOV3L – Apath (Non-Fiction) Flemish Eye Records

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Par Amélie. G



Animal Triste

Crédits photo : Amélie Garnier

Les membres du groupe Animal Triste ont bien voulu nous accueillir dans leur tanière le 26 novembre dernier pour répondre à quelques-unes de nos questions. Nous vous proposons donc ce soir de découvrir nos retours sur leur tournée d’automne ainsi que la plus cool des interview.

Amélie : Qu’on se le dise je suis quelqu’un de très réservé, demandez à Jess elle confirmera (je confirme) . Mais s’il y a bien quelque chose qui peut me faire sortir de ma réserve c’est bien la musique, encore plus s’il s’agit d’un concert de rock ! Alors oui je n’ai pas le vocabulaire d’une professionnelle dans ce domaine mais à la Boîte à Musiques Magazine on essaie de partager la musique que l’on aime avec le cœur. Alors c’est parti pour mon retour sur la tournée d’automne d’Animal Triste. Vous l’aurez peut-être déjà compris Animal Triste c’est un groupe de rock que l’on appréciait déjà particulièrement en version studio, mais si vous n’avez pas eu l’occasion d’aller les voir en live vous avez loupé quelque chose. Depuis septembre nous les avons vus défendre leur projet sur scène (de façon tout à fait raisonnable bien évidemment), d’Évreux à Wattrelos en passant par Rouen, Massy et Paris. On a donc pu apprécier à travers ces cinq dates l’évolution de ce groupe de six potes composé de Yannick au chant, Mathieu à la batterie, Cédric à la basse, Darko à la guitare et au clavier, Fabien et Sébastien aux guitares. Un concert d’Animal Triste ça prend aux tripes, c’est cette énergie folle qui ne vous lâchera pas jusqu’à la dernière note qui raisonnera sur scène. Un voyage rock authentique porté par la voix envoûtante de Yannick et par ces musiciens à la complicité évidente. Un set captivant mêlant les chansons de leur premier album éponyme et de l’album à venir, ne laissant aucun répit. Les six animaux ne nous donnent la permission de reprendre notre souffle qu’après le rappel avec une version toute particulière d’Amor Bay pour repartir de plus belle avec la sauvage et finale Darkette. Je ne saurais que trop vous conseillez si l’occasion se présente à vous, de vous laisser convaincre de les voir en live. Je vous promets, ça vaut le coup.

Jess : Les personnes qui me connaissent savent qu’Animal Triste, c’est mon groupe coup de cœur de ces derniers temps. J’attendais donc avec impatience de pouvoir tracer les kilomètres d’autoroutes et de routes nationales avec mon acolyte de toujours pour enfin les voir sur scène (je lance un appel à toutes les stations autoroutières, n’hésitez pas à nous contacter pour tout partenariat concernant les bouteilles d’Evian ainsi que les sandwiches triangle, nous en serions dignes représentantes). Avant de commencer, il faut que vous soyez prévenus, une fois que vous avez mis un pied à un de leur concert, c’est comme une drogue, vous allez avoir envie de tous les enchaîner. Et je vous encourage vivement à faire de même dès la reprise de leur tournée. Pour notre part c’est chose faite. Et à la question :  « alors qu’est-ce que ça donne sur scène ? » bah c’est la folie ! Dès leur entrée, on sait qu’on va avoir le droit à du très lourd ! Chose qui se confirme à la première note, et qui se reconfirme dès que Yannick se met à chanter. Cette voix qui ne ment pas, la même que l’on retrouve sur l’album et qui est d’une intensité incroyable. Ils n’ont pas besoin d’artifices c’est indéniable. Entre eux c’est fluide, ils sont six mais finalement ne font plus qu’un. Ils ont la même envie : celle de déchaîner les enfers d’un rock qui n’est pas mort, faire trembler les murs et les plafonds (Bien trop bas dans certaines salles, à de nombreuses reprises j’ai craint pour la vie des guitaristes.) Vous l’aurez compris, Animal Triste c’est le feu et je n’ai qu’une hâte : que leur nouvel album sorte et enchaîner à nouveau les futures dates de leur prochaine tournée.

Crédits photo : Amélie Garnier

Animal Triste c’est quoi pour vous ?

Yannick : Ça a commencé comme une récréation, si on peut dire ça. Et puis, il y a eu de plus en plus de potes qui sont venus se greffer au jeu qu’on était en train de faire. Je ne sais pas moi, c’est un peu l’instrument de notre vengeance. Enfin ce n’est pas du tout négatif mais en gros, c’est un projet où l’on fait ce qu’on n’a jamais trop pu faire dans nos autres projets respectifs. C’est le groupe d’ados dans un garage qu’on n’a peut-être pas tous eu. Moi je sais que je ne l’ai pas eu donc je me rattrape de ça.

Mathieu : Moi je suis d’accord c’est très bien. C’est un purgatoire quoi !

Sébastien  : Un exutoire plutôt qu’un purgatoire.

Darko : Non mais c’est un peu une réponse à tous nos questionnements, de pourquoi on fait de la musique tout simplement, pourquoi on a décidé à un moment d’en faire notre vie. Ça redonne un sens un peu à tout. Et effectivement, il parlait de ce fantasme adolescent de groupe dans un garage, et on retrouve ça à nos âges avancés. La joie de se retrouver dans un van avec des potes, faire des kilomètres et jouer nos chansons dans pleins de lieux différents. C’est une récré.

Mathieu : C’était aussi, comment dire pour un peu rendre hommage aux gens qu’on a vraiment aimés. De se dire pourquoi on a fait de la musique, qu’est ce qui nous a animés au départ. On parlait des Doors, de Nick Cave et bien parce que ces gens étaient là. Et est-ce qu’on ne pourrait pas faire ça entre potes ?

Votre premier album a presque 1 an, elle s’est passée comment cette première année de vie ?

Darko : C’était hyper paradoxal parce que normalement le cycle, c’est une sortie d’album puis la promo et une tournée. On enchaîne et on a plus le temps de penser à rien. À cause du contexte on a été bloqués, assignés à domicile mais on n’a jamais autant joué que cette année-là où on a été supposé ne rien faire. Très vite on a dû se projeter sur un avenir, certes incertain à l’époque, mais on a très vite enchaîné avec les gars. On a composé et on a bossé sur le prochain album à venir alors qu’on n’avait même pas encore tourné pour le premier. Et effectivement c’est bizarre. On n’avait le droit de ne rien faire et pourtant on n’a jamais été aussi actifs que durant ces quelques mois qui viennent de s’écouler. La tournée est supposée être le point d’orgue et le rush alors que nous, on prend ça plus comme une détente, par rapport à tout ce qu’on s’est infligé comme masse de boulot. Là ça y est c’est les vacances, c’est la colonie on a le droit de faire des bornes.

Fabien : Il y a un truc très paradoxal, on tourne pour le premier album mais on joue pas mal de morceaux du deuxième.

Darko : Que l’on n’a pas encore sorti !

Fabien : On revient un peu à l’ancienne où on faisait des tournées avant les sorties d’album. Où les mecs présentaient leur nouveau disque en tournée.

Cédric : Ils tournaient et pas forcément en rapport avec leur actualité. Ils faisaient des tournées parce qu’il fallait bien manger. Et donc en tournée tu joues les chansons que tu bosses en ce moment, peu importe si l’album vient de sortir ou s’il va sortir.

Fabien : Du coup, c’est assez rigolo de se dire on est censé tourner le premier album et finalement on défend quasiment un album trois quarts. Remarque, ça a été plus facile pour nous de faire la liste on avait plein de morceaux à jouer.

Crédits photos : Amélie Garnier

C’est votre première tournée ensemble, vous avez pu trouver chacun vos marques ?

Mathieu : C’est fluide, c’est comme quand on fait une soirée entre potes, tu vois.

Sébastien : C’est toujours bien les premiers instants d’une relation, tout est beau quoi. On verra la deuxième tournée si là tout est formidable. (Rires)

Yannick : On se connaît tellement tous bien.

Darko : C’est notre première tournée tous ensemble.

Mathieu : C’est un peu l’agence tous risques.

Darko : On se connaît depuis tellement d’années. Certains sont voisins, d’autres sont allés à l’école ensemble dans les années soixante. On part même en vacances ensemble.

Mathieu : Non mais c’est facile, c’est tout simple. On ne se pose pas de questions, on va droit au but et c’est chouette.

Comment avez vous travaillé et choisi la set list ?

Darko : Cette période particulière a induit que nous reportions cette tournée à maintes reprises mais nous nous estimons heureux car les concerts ont finalement eu lieu… Le fait est que nous avons doublé notre répertoire durant cette longue attente imposée par ce satané virus avec la composition et l’enregistrement du deuxième album et ça aurait été très frustrant pour nous de ne pas intégrer quelques nouveaux morceaux à la setlist… Du coup même si cette tournée découlait de notre premier album, on n’a pas pu résister à la tentation, certes par plaisir, mais aussi afin de parfaire les atmosphères et tenir un concert sur la longueur sans qu’il y ait de creux. C’est une petite science en soi et rien n’est laissé au hasard dans la construction d’un set. Jusqu’au rappel

Vous êtes tous normands si je ne me trompe pas, vos deux premières dates étaient à Gisacum (Le Vieil-Évreux) et au 106 (Rouen). Ça vous à fait quoi de commencer à la maison ?

Mathieu : Seb, toi qu’est-ce que ça t’a fait ?

Sébastien : Moi j’étais à l’étranger (rires). Non mais c’était très bien et en même temps il y avait un côté un peu exutoire. Il était temps.

Cédric : Ça faisait du bien.

Fabien : À Gisacum c’était super, c’était un lieu assez incroyable.

Cédric : Et aussi toute la journée on a prié pour qu’il ne pleuve pas, ce n’était quand même pas gagné.

Fabien : Et puis aller sur les terres de David pour le premier concert, c’est quand même cool.

Darko : Ça faisait très longtemps que je n’avais pas joué à Évreux. Il y a un petit côté ou tu commences par le dessert, parce qu’inévitablement c’est le début de la tournée, donc en termes de notoriété sur le pays ce n’est pas foufou. Mais en Normandie c’est cool parce qu’il y a nos proches, nos potes, les potes des potes. Du coup on a fait notre premier concert en club à Rouen et on commence par un concert complet.

Mathieu : Moi je crois que dans l’ordre ce que j’ai préféré c’était hier ( à la Maroquinerie ) et Massy (aux primeurs), mais bon après c’est du ressenti.

Cédric : En tout cas il n’y en a aucun où on s’est dit « ce n’était pas bien » quoi !

Darko : C’est toujours à double tranchant les dates à la maison.

Mathieu : Ouais moi je n’aime pas trop.

Darko : Jouer devant sa famille, ses parents, ses amis ça fait un peu plus de stress pour le coup. Et puis on a plein de soucis logistiques à gérer que l’on n’a pas ailleurs, comme gérer les susceptibilités par exemple.

Sébastien : Moi ma date à la maison c’était à Castres.

Crédits photo : Amélie Garnier

Paris a toujours une saveur particulière, qu’avez-vous pensée du concert d’hier ?

Mathieu : C’était la première date à Paris pour Cédric, je suis trop fier.

Cédric : Première date de ma vie à Paris oui. J’étais content, c’était super. À travers l’expérience des gars moi je m’attendais à tout en fait. Parce qu’eux, ils sont passés dans des lieux vachement plus rudes à ce que j’ai compris donc je m’attendais à un accueil beaucoup plus minimaliste. La configuration de la salle n’est ni trop petite ni trop grande. L’accueil et la salle étaient super.

Mathieu : En fait, ce qui est compliqué à Paris c’est que tu as toujours la prod qui prévoit d’inviter les labels, les programmateurs de radio, les programmateurs de festivals. Et qui nous dit attention c’est la date parisienne, il ne faut pas rater le concert. Donc tu as beau te dire je m’en fous, tu as toujours un peu ce truc-là. Mais à nos âges tu t’en fous, avec ce groupe-là vraiment tu t’en fous. Et ça c’est génial. Vous n’avez pas aimé ? Allez vous faire foutre. C’est super.

Cédric : Et puis on n’a pas fait de set spécial. C’est ce que disait Philou, il y a aussi l’écueil des dates parisiennes où tu te sens obligé d’inviter un tel ou un tel pour faire un featuring improbable répété une demi-heure avant le show. Donc un truc bancal.

Vous avez rencontré votre public, qu’est-ce que vous voulez que les gens retiennent d’un concert d’Animal Triste ?

Sébastien : Ce sont eux qui le disent le mieux. Souvent ils viennent pour nous dire que ça leur fait du bien de voir des mecs qui suent avec des guitares dans les mains, ça faisait longtemps qu’ils n’avaient pas vu ça.

Mathieu : C’est vrai qu’on a eu pas mal de gens qui nous disent « merci, ça fait du bien ». Et là tu te dis bah ouais.

Yannick : Ça se voyait aux sourires des gens hier dans la salle, c’était sans équivoque quoi.

Mathieu : C’est comme si on s’autorisait à faire quelque chose que les gens ont envie d’écouter, alors que soit ils n’en font pas soit ils ont arrêté d’en écouter. Alors que le Rock il est là depuis toujours. Il a plein d’autres formes et tu as vraiment l’impression que ça n’existe plus.

Quel est votre ou vos meilleur(s) souvenir(s) de cette tournée d’automne ?

Darko : Je crois qu’on disait qu’on avait commencé la tournée par les dates dites locales, moi mon premier bon souvenir c’est juste de prendre la route dans un van avec ces animaux-là et de tracer la route pour faire des bornes. Et donc inévitablement sur ces kilomètres il y a un autoradio, et on écoute des trucs.

Mathieu : Il y a eu une petite compilation de Michel Jonasz en allant en Bretagne et on a un peu rigolé.

Cédric : Moi pour redresser la barre, je dois dire que j’ai un très bon souvenir d’avoir écouté le dernier IDLES en rentrant de Brest.

Crédits photo : Amélie Garnier

D’ailleurs est-ce que vous avez une anecdote de tournée ?

Fabien : On allait à Nantes, et le camion ne démarrait pas. Donc on a appelé un pote garagiste en urgence qui a fait démarrer le camion avec de la laque à cheveux.

Darko : Et Elnett a sauvé notre tournée.

Fabien : C’était ça sinon on ne partait pas à Nantes

Philou : Non mais après qu’est-ce qu’il y a eu ? Cédric tu as pété une tête d’ampli sur scène quand même à Brest.

Fabien : Et un clavier pour Darko.

Cédric : Oui la tête d’ampli basse qui s’est mise en sécurité à Brest, qui nous a fait le faux espoir de refonctionner en répétitions mais non. Donc on a dû aller chercher une tête d’ampli en catastrophe hier matin pour la date parisienne. C’est une petite anecdote de plus.

Sébastien : Moi j’ai pété une corde sur la première chanson du premier concert et depuis plus jamais. C’était la nervosité, j’étais trop tendu du poignet droit.

Est-ce que vous avez un rituel avant de monter sur scène ?

Mathieu : Ça, on ne peut pas en parler.

Yannick : Non mais on se fait des petits câlins.

Darko : Oui c’est ce que j’allais dire, on est plutôt câlins. Ce n’est pas très wild mais affectueux, Animal Câlins.

Fabien : On essaye juste de rigoler un maximum, donc beaucoup de blagues et quelques bières on ne va pas se mentir.

Mathieu : Mais pas trop avant de monter sur scène.

Darko : Non non on fait gaffe avant.

Vous avez de tops collaborations pour votre merch, ça s’est fait comment ?

Darko : L’Animal Beer. On a une collab avec des gars qui s’appellent SPORE, c’est une coopérative et ils brassent une bière bio et éthique. Ce sont des gens hyper cool. Et j’ai une histoire avec un mec de ce collectif-là avec qui on a bossé dans une ancienne vie pour un festival de rock. Et je lui ai dit que s’il y avait bien un point commun entre nous tous c’est l’amour de ce doux nectar. Et du coup voilà on a brassé l’Animal Beer avec eux, conjointement. Ça c’était cool. On a fait quoi d’autre comme collab ? Bud skateshop.

Cédric : Oui parce que je travaille de temps en temps avec un gars qui a plusieurs magasins de skate en France.

Darko : Cédric c’est le skater du groupe à la base.

Cédric : Je fus, je fus. Moi je suis architecte à côté pour la petite histoire, et donc pour élaborer le futur skatepark de Rouen on a essayé de faire bouger les choses avec ce gars-là. Donc j’ai été amené à bosser pas mal avec lui. On s’entendait bien et en plus moi étant ancien pratiquant je traîne souvent dans son magasin. Je savais qu’il avait déjà fait des collaborations pour des planches avec des groupes de Rouen. Donc je lui ai dit « est-ce que tu fais toujours ça ? ». Il m’a dit « bah ouais carrément, on va écouter pas de soucis ». Il a fait 150 planches qu’il a réparties dans ses différents magasins. On en prend autant qu’on veut pour les vendre, on lui donne ce que ça lui coûte et le reste c’est pour nous. C’est hyper cool de sa part.

Fabien : On va avoir d’autres collaborations encore. Avec un maître verrier, vous verrez pourquoi bientôt. Et aussi avec un mec qui fait des pédales, on va sortir des Fuzz et des Overdrive. On fait tout ça en local. C’est-à-dire qu’à chaque fois on travaille vraiment en circuit court. On est locamusivore, on essaie de bosser avec les gens tout autour de nous. C’est une grande famille. Moi je travaille dans une école de musique et mon directeur c’est lui qui fait toutes nos images. Le clip de Dancing in the Dark c’est lui. On travaille vraiment dans un cercle très fermé, avec des potes et dans des conditions cool. C’est un peu le principe de base du groupe, pas de relous.

Crédits photo : Amélie Garnier

Vous jouez de nombreuses chansons sur scène dont certaines que l’on ne retrouve pas sur le premier album. Va-t-on les retrouver sur le prochain ?

Cédric : Toutes celles que vous ne connaissiez pas, sont dessus.

Mathieu : L’album sort le 4 février. Vous avez le titre ? Vous le voulez ? Pouic-pouic le retour des pirates. BAM. Non c’est Night of the Loving Dead.

Tell me how bad I am, c’est le premier extrait de votre futur album en collaboration avec Peter Hayes de Black Rebel Motor Circle Club. Quelle est l’origine de cette collaboration ?

Mathieu : On a fait une liste en gros de gens avec qui on aimerait travailler. Il n’y avait pas de français, c’est rigolo hein. On avait listé pas mal de gens, il y avait les Black Angels, The National, Nick Cave vous imaginez ce genre de garçons. Et puis il y avait Black Rebel depuis toujours en fait. Et c’est difficile d’avoir les contacts de ces gens parce qu’on te file le contact d’un agent du bureau anglais puis d’un agent du bureau américain… Et j’avais contacté un mec de chez Pias qui m’avait dit « écoute Black Rebel laisse tomber, ils feront aucun feat. Laisse tomber ce n’est vraiment pas possible ». Mais ça m’embêtait quand même donc j’ai tapé simplement sur internet Black Rebel contact. Ça m’a emmené sur d’autres sphères, et du jour au lendemain je me suis retrouvé en contact avec leur agent. Il m’a dit « je fais écouter à Peter » et le lendemain on avait un mail de Peter. Tout de suite à ne parler que de musique, ça n’a jamais été une histoire de thunes jamais. Vraiment pour le plaisir de la musique. Le mec est d’une élégance dans ses réponses, dans ses messages. Il a vraiment la classe. Je me suis dit que c’était le 06 le plus cool que j’avais dans mon téléphone. On était comme des dingues. Rien que de te dire que ta musique va être écoutée par des gens que tu surkiffes et qui font que tu fais ce métier c’est génial. Le mec il t’envoie un truc où il joue de la guitare d’abord sur une de tes chansons puis sur deux et pas que de la guitare, il a rajouté des claviers. Et je me souviens lui écrire « je ne sais pas comment te remercier », et il me dit « non c’est le plaisir de la musique ». C’est juste incroyable.

Fabien : Ce qui est bien, c’est qu’on se retrouve dans les valeurs.

Mathieu : Quand je vous dis que les mecs sont cool, c’est vraiment d’une coolitude. On est trop fier. On devait faire un feat avec le chanteur des Black Angels aussi, mais là on a eu un problème de timing. C’était compliqué, mais on ne désespère pas.

Sébastien : Paradoxalement j’ai trouvé que c’est arrivé de manière comme tu dis très naturelle, et ça me semble vachement plus facile de faire une collab avec des musiciens étrangers qu’avec des musiciens français. En France nous, on a essayé avec La Maison Tellier à plusieurs reprises et ce n’est pas facile en fait. Ce n’est pas dans la culture en France, j’ai l’impression qu’on regarde s’il n’y a pas une double intention. Tu vois du genre « qu’est-ce qu’on a à y gagner à faire ça ? Qu’est-ce qu’on a à y perdre ? ». Peter Hayes, il s’en foutait. Il a fait « tient la chanson elle est cool, je vais jouer dessus » point. J’ai l’impression que peut-être les musiciens américains, ils ne se posent pas ce genre de questions.

Fabien : Son manager se les pose pour lui.

Mathieu : C’est ça, il a squeezé directement le manager. Mais moi à titre très personnel ce qui est rigolo, c’est que je n’ai pas tout de suite aimé ce groupe. C’est Darko qui je me souviens me ramène leur premier album et ça ne me parle pas.

Darko : C’est simple l’album à 20 ans cette donc année donc il y a 20 ans. Moi à la première écoute j’ai été subjugué en me disant « c’est ma vie, c’est ça que je veux faire vraiment ». C’est pour ça que je suis bouleversé par ce feat.

Mathieu : Par ricochets ce qui est ouf, c’est que je trouvais ça pas mauvais mais je n’avais pas reçu le truc. Et je me souviens d’aller voir un film qui s’appelle Nine Songs où on les voit en live et pour moi c’est BRMC qui vole au-dessus des autres. Et avec Radiosofa à ce moment-là on signe chez Pias qui nous filent leur troisième album, et on va les voir tous les trois (avec Darko et Fabien) à l’Elysée Montmartre où je me prends une claque mais un truc. Tu te dis « mais qu’est-ce qui vient de se passer ? ». Ce qui fait que même l’histoire personnelle est rigolote. Le deuxième album de Radiosofa était un peu sous l’emprise de BRMC. C’est assez marrant que ce truc voyage, de groupe en groupe.

Pour la suite va-t-on vous retrouver sur une seconde partie de tournée ?

Mathieu : bah écoute si tout se passe bien. On va croiser tout ce qu’on a.

Cédric : En tout cas c’est le projet.

Sébastien : C’est aussi compliqués parce que ça va faire genre un an que tous les gens des milieux autorisés nous disent attention il va y avoir un gros embouteillage et bah là c’est maintenant. 2022, c’est déjà blindé donc les tourneurs ont du mal à booker tout ce qui est pas super visible. Il n’y a que la surface déjà visible de l’iceberg qui à plus de visibilité qu’avant encore parce qu’il n’y a plus de place pour le reste en fait. Donc oui on va faire ce qu’on peut.

Cédric : On en fera, mais peut-être pas autant qu’on veut.

Mathieu : Moi je suis sûr qu’on va y arriver.

Est-ce que vous voudriez partager une chanson sur scène avec quelqu’un ? Si oui avec qui ?

Amélie : Mathieu te ne peux pas répondre Nick Cave.

Mathieu : On ne peut pas répondre Nick Cave c’est ça ?

Sébatien : Tu veux partager la scène avec Nick Cave, mais tu es cinglé. Moi je ne partage pas la scène avec Nick Cave.

Darko : Mais moi je rêve de me prendre une leçon par Nick Cave et les Bad Seeds. Non mais je ne sais pas qui d’autre ?

Mathieu : Avec Black Rebel forcément.

Darko : C’est vrai qu’on pourrait faire un peu d’international avec eux.

Fabien : Avec Mark Lanegan, j’aimerais bien mais j’aurais peur. Je ne sais pas si cela serait super, l’homme à l’air un peu compliqué.

Mathieu : Je pense que ça serait bien cohérent, ça serait cool.

Cédric : Je serais plus BRMC, parce qu’ils sont plus proches de nous et Nick Cave je ne saurais pas trop comment me placer.

Mathieu : J’imagine la Route du Rock, on joue et il est là quoi.

Sébastien : Moi j’aimerais bien PJ Harvey ou Sharon Van Etten.

Mathieu : Et vous avec qui vous voulez nous voir jouer ?

Darko : C’est pas mal ça.

Jess: Bah moi je réponds Nick Cave forcément ( Nick, si tu nous lis …)

Amélie : Ça serait bizarre vraiment, mais avec The Cure.

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Par Amélie. G & Jess. D

Animaux Surround

Crédits photo : Isidore Hibou

C’est au détour d’une rue de Metz que nous avons pu rencontrer Animaux Surround pour discuter de son dernier EP Till Death Dries. On vous laisse découvrir l’univers de cet artiste tout en discrétion, qui préfère la retenue au sur-jeu et de son EP qui allie à la perfection mélancolie et échappées lumineuses.

Est-ce que tu peux te présenter ?

Je travaille sous le nom d’Isidore Hibou, un pseudo évidemment. Au départ, c’est un projet de photos et de beaucoup de choses transverses. Et c’est sous le nom d’Animaux Surround que je fais de la musique. Ça fait quelques années que je fais des trucs, il y a eu plusieurs albums mais ceux-là vraiment version home-made revendiquée, voire carrément brouillons. J’aimais bien ce rendu brut mais je me suis rendu compte que l’esthétique punk pouvait être un prétexte à ne pas aller plus loin. Alors pour cet EP j’ai voulu que ce soit un peu plus carré, plus instrumental aussi parce que les autres étaient plus synth-pop, un peu plus électro.

Et du coup tu es solo sur le projet de A à Z ?

Sur les projets précédents, j’étais effectivement seul. Un de mes morceaux d’un précédent EP a été retenu pour une compilation berlinoise qui s’appelait Not So Cold : A Warm Wave Compilation, qui rassemblait différents groupes de cold-wave. C’est à partir de là que je me suis dit qu’il fallait que je développe un peu plus le truc. C’est pour ça que j’ai voulu que cet EP sonne plus ‘‘pro’’, car il y avait quand même un petit auditoire à mes projets et ça en valait la peine. Pour cette sortie, j’ai tout écrit et composé seul mais je suis passé par un ami mixeur-arrangeur pour avoir un rendu davantage studio. C’est la partie où j’aurais tendance à tout lâcher, enfin à y aller un peu en vrac alors j’ai essayé de contenir ça cette fois.

Qu’est ce qui t’a donné l’envie de lancer le projet Animaux Surround ?

Je fais de la musique depuis longtemps en autodidacte. Je marche beaucoup à l’intuition, à l’instinct car je n’ai pas forcément les bases théoriques. J’aime bien le moment où je trouve un petit bout de mélodie et tout ce cheminement qui se fait jusqu’à la chanson complète, l’idée que 3 notes jouées sur une guitare sèche deviennent quelque chose de beaucoup plus important et abouti. J’aime bien jouer avec ça, commencer par un tout petit truc, bâtir par couches le morceau, le faire évoluer. Au départ il n’y a pas de construction prédéfinie, c’est juste voir comment on peut développer un fragment de mélodie et en faire un petit objet. J’aime bien considérer les chansons comme de petits objets, un peu comme un artisan qui polit doucement son œuvre avec des couches successives jusqu’au verni. La musique, c’est un des rares supports où l’on peut perdre un peu la notion du temps quand on en fait, être ailleurs sans se soucier qu’il soit déjà trop tard et qu’il faille se lever pour aller au boulot le lendemain.

Pourquoi as-tu choisi ce nom, Animaux Surround ?

C’est une bonne question, parce que je ne me souviens même plus très bien, en fait. J’aimais bien le mélange Français/Anglais parce qu’il est aussi arrivé que je fasse des trucs en français. Peut-être qu’à l’avenir j’irai d’ailleurs plus vers le français, même si je trouve compliqué de faire sonner la langue. Après c’était plus l’idée d’une animalité totale, surround, qu’il peut y avoir dans la musique. Mais en même temps il y a quelque chose qui ne sonne pas très violent non plus, il y a un côté un peu rond je trouve, qui fait que l’on s’interroge. J’aimais bien le mélange du bestial et du neutre. C’est l’instinct de la musique, parce que c’est une chose pas très intellectualisée au départ, ça le devient après quand on commence à retravailler les morceaux. Mais l’impulsion originale est quand même assez animale, avec des émotions sur lesquelles on ne met pas forcément de mots.

Est-ce que tu peux nous parler de l’EP Till Death Dries ?

Il y avait des bribes de mélodies qui traînaient depuis quelque temps et je me suis posé pour en faire quelque chose, les prolonger et les terminer. C’était surtout en toute fin de journée, et on y retrouve cette ambiance du soir voire de la nuit que j’aime bien. Pour travailler j’aime être dans ces dispositions-là, c’est plutôt un disque de la nuit je crois. Pour les textes c’est assez instinctif aussi, c’est généralement la musique avant les textes. Après j’ai la mélodie du chant, les mots me viennent un peu comme ça et je peux commencer à jouer avec. Sur la musique en elle-même, j’aime les ambiances plutôt sombres donc c’est relativement mélancolique, c’est vrai, mais je trouve qu’il y a malgré tout des échappées de lumière. C’est un peu l’écueil que je voulais éviter : qu’il soit l’album de l’automne, je ne voulais pas aller vers ça, donc il y a des moments d’éclaircies. Comme dans la chanson Disorder par exemple, à un moment il y a une grosse batterie un peu électro qui arrive et on se demande ce qu’il se passe là, comme si un voisin tapait sur le mur.

Disorder, la chanson a un rapport avec Joy Division ?

Au départ non, mais j’adore Joy Division donc peut-être inconsciemment. En fait, c’est juste parce que sur la toute première partie, sur le squelette de la chanson, la guitare et le chant me sont venus comme ça. J’avais en tête le chant « I’m a soldier of disorder » ; c’était pendant toute cette période de confinement et d’isolement. On se demandait où sortir et trouver le désordre, alors qu’on était en plein dedans ; c’était un jeu avec ça, mais de façon très très cryptique.

Quelles sont tes influences musicales ?

Il y en a beaucoup. Joy Division évidemment, Nick Cave. Einstürzende Neubaten. Des groupes comme Coil aussi. Après des choses un peu plus classiques comme The Doors. J’aime beaucoup comme Jim Morrison place sa voix, plus encore que sa tessiture,. Il y a aussi Poni Hoax, avec Nicolas Ker que j’aime beaucoup, ce genre de personnages à la Daniel Darc. Sombres et hyperlumineux en même temps. Ces personnages de l’entre-deux, un peu paumés, cassés, mais capables de sublime.

Quelles émotions ou messages cherches-tu à faire passer à travers tes chansons ?

De message, aucun, parce que je n’ai pas la prétention d’avoir à en délivrer. Sur les émotions, je dirais la pureté. J’ai envie qu’on sente que ce n’est pas joué. Je n’aime pas quand on en fait trop. Je préfère la demi-teinte en général. C’est ce que je voulais dire tout à l’heure d’ailleurs sur la composition en elle-même, j’aime bien quand c’est un peu calfeutré, quand il y a une tension. J’aime bien quand il y a ce truc-là de resserré, qu’il y a une espèce de violence qui n’éclate pas, une tristesse qui n’éclate pas non plus. J’aime cette tension.

Quel est ton processus de création ?

Pour les textes je note beaucoup de choses à droite à gauche, des bouts de phrases qui peuvent parfois se retrouver dans certaines chansons. Sinon, sur la musique en elle-même c’est assez simple, ça part toujours de quasiment rien comme je le disais tout à l’heure. Par exemple sur Disorder, c’était juste un soir assez tard, quelques notes de guitare que j’enregistre à la volée sur mon téléphone portable en me disant que ce n’est pas mal et qu’on peut en faire un truc. Ça se fait plutôt comme ça. Tout est ensuite retravaillé en home studio, avec un dispositif très réduit mais qui permet de faire pas mal de choses.

Quels sont tes projets pour la suite ?

J’aimerais bien que l’EP devienne un objet ; pour l’instant il est disponible en streaming sur Bandcamp, etc. C’est vrai que je n’ai pas eu trop le temps de chercher de label et j’aime bien le côté complètement indé du projet, même le clip par exemple c’est moi qui l’ai fait. Je l’ai filmé au téléphone portable, vraiment le truc spontané, et finalement je crois que ça marche. Et oui donc en faire un objet, soit un cd, soit un vinyle, ça serait vraiment l’idéal. Pour la suite, des concerts sans doute, il y en a un qui devrait se faire en mars prochain mais je réfléchis au format. Essayer d’être à deux, trois ou quatre pour avoir une version live différente de l’EP, qui amène quelque chose de plus.

Quelle est ta collaboration rêvée ?

Peut-être Nicolas Ker, mais de là où il est aujourd’hui pour faire danser le marbre. Une espèce de concert fantôme.

Quelle est l’histoire de la pochette de ton EP ?

La pochette vient d’un projet artistique que j’ai exposé à Berlin, dans une galerie où j’ai d’ailleurs joué l’EP. C’est une série de photos et un objet dont le titre est Till Death Dries. C’est un verre rempli d’un poison et que j’ai photographié sur un mois en train de sécher. C’était assez curieux et intéressant parce que le breuvage au départ est blanc, et en séchant ça a laissé une dentelle noire un peu funèbre, très dense.

Pourrais-tu proposer deux titres que tu écoutes à nos lecteurs ?

Dernièrement, j’ai écouté en boucle Big Appetite du dernier album des Liars. Pour le second titre, The Other Side of Life de Japan. Un titre légèrement suranné mais dont j’adore l’orchestration.

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Par Amélie. G

Max Adams

Crédits photo : Cécile André

Avec la sortie de son premier EP, le 19 novembre 2021, Max nous partage un récit d’envolées symphoniques et aériennes, nous immisçant délicatement dans son parcours émotionnel. C’est avec sincérité qu’il s’est livré, afin de nous faire découvrir un peu qui il est.

Hello Max, peux-tu nous raconter qui tu es ?

Hello Jess, alors, alors, je suis Maxime, me cachant sous le nom de Max Adams. J’ai 27 ans et je suis Nantais d’origine. Je suis actuellement dans les paperasses pour devenir intermittent du spectacle, donc je pourrai bientôt dire que je vis totalement de la musique. J’ai eu un parcours assez classique, accompagné d’un apprentissage (trop) classique du piano à côté. Passant d’un bac scientifique à des études dans le social, je me suis vite rendu compte que la musique était ce que je voulais absolument faire.

Qu’est qui t’as poussé à écrire et à composer ?

Je pense que ce sont les planches de la scène qui m’ont poussé dans un premier temps à composer. J’ai découvert ça en intégrant des groupes de musiques, et tout de suite, j’ai senti un besoin de m’exprimer en composant et ensuite les partager. Et c’est que depuis une grosse année que j’ai commencé à écrire mes propres paroles. Avant, je proposai à des proches de les écrire sur des mélodies que je composai, mais aujourd’hui, j’ai senti qu’il était nécessaire de les écrire moi-même pour mieux les interpréter et les rendre plus sincère.

Comment te sens-tu depuis la sortie de ton EP ?

Je me sens soulagé. Soulagé de pouvoir enfin montrer tout ce travail auprès de celles et ceux qui me suivent et m’accompagnent sur Max Adams. Et je suis très heureux d’enfin pouvoir partager, échanger dessus avec tout le monde. Ça me donne une énergie débordante pour entamer la suite de l’aventure, créer, composer, jouer et partager de nouvelles choses.

Peux-tu nous en dire plus sur ton processus de création ?

Pour composer, j’ai mon petit rituel. Toute une matinée, j’écoute trois morceaux qui m’inspirent et qui vont me mettre dans un mood particulier. L’après-midi, je commence à composer et aller tel un taureau droit vers un objectif sans s’arrêter, même si la direction ne me plaît généralement pas. À la fin de cette première tentative, je me laisse un peu de temps pour rafraîchir mes oreilles, puis je réécoute l’ébauche et vais sélectionner un ou deux éléments qui me parlent tout particulièrement (une percussion, un accord, une mélodie, etc…) et je vais tout reprendre à partir d’eux pour finir avec une deuxième ébauche qui me plaît mieux. Pour terminer, j’ai deux/trois paires d’oreilles supplémentaires qui vont m’aider à affiner et détailler le morceau.

Ton EP aborde des thèmes lourds, des histoires très personnelles, peux-tu nous en parler ?

Chaque morceau raconte plusieurs périodes de ma vie, la perte de proche par exemple. Ce moment où tu ne comprends pas ce que c’est, de voir partir une personne qui t’est chère, de vouloir la retenir égoïstement pour l’avoir toujours proche de toi, mais enfin accepter de la laisser s’en aller et de vivre avec.
Je raconte aussi un passé amoureux où tu te rends compte à un moment que la personne avec qui tu partages tes moments intimes n’est finalement pas la bonne et que cette relation est néfaste pour toi.
Pleins de petites choses pas très joyeuses en effet ahah, mais qui m’ont permis de me construire tel que je suis aujourd’hui et peut-être d’avoir un recul suffisant pour aller de l’avant.

Quel mot choisirais-tu pour le décrire ?

Je pense que le mot que je choisirai est « Mélancolie ». Elle définit bien toutes ces périodes traversées par le passé et on a tous besoin de ce moment je pense. C’est un mot qui a beaucoup de sens pour moi, mais pas forcément négatif, car il est important d’accepter le vécu, de vivre avec et d’avancer vers un futur plus serein.

Quel est ton titre préféré ?

Mon titre préféré dans l’EP… C’est compliqué car chacun raconte une partie de mon histoire et sont donc tous un peu mes préférés… Mais si je dois choisir, j’opterai pour Oceans Apart, car, c’est avec lui que j’ai réellement commencé mon projet, c’est le premier de l’EP. C’est également le premier morceau que je joue sur scène et il me permettre de me mettre dans un mood parfait pour le live !

Quels sont tes futurs projets ?

Je suis en train de préparer pas mal de choses à côté. J’espère pouvoir présenter une plus large vision de Max Adams l’année prochaine, mais je pense m’en séparer un peu en début d’année pour me consacrer à un nouveau projet musical qui me tient tout autant à cœur… Je ne peux pas vous en dire plus, mais j’en parlerai bientôt sur les réseaux sociaux !

Quels sont les deux morceaux que tu écouterais pour le reste de ta vie ?

Question difficile ! Je pense que si je dois choisir, je prendrai Josin – Traveller qui pose une atmosphère hyper calme, qui apaise. Et en deuxième morceau… Glass Animals – It’s All So Incredibly Louds qui a une de ses montées épiques comme j’adore. Et le clip est absolument génial.

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Par Jess. D

Rosaway

Crédits photo : Denis Piednoir

Rosaway c’est le résultat de l’alliance de Rachel avec Stef. Leur originalité : avoir mélangé voix, flûte traversière et batterie. Le tout, nous donne une pop métissée, nerveuse et resolument contemporaine, chantée par la voix aérienne, aux accents souls et gospel de Rachel.

Bonjour, pouvez-vous vous présenter à nos lecteurs ?

Bonjour ! Nous sommes Rachel et SteF. Nous sommes respectivement Chanteuse/flûtiste et batteur dans le projet Rosaway.

Comment vous êtes-vous rencontrés et comment l’envie de faire de la musique ensemble est-elle venue ? Et pourquoi avoir fait le choix du nom ROSAWAY ?

Nous nous sommes rencontrés à l’occasion d’une soirée organisée par des musiciens, il y a près de 9 ans. Nous avons eu l’occasion de jouer ensemble un an ou deux après notre rencontre. Le feeling, ce « petit truc » indéfinissable s’est produit et nous avons su à ce moment-là qu’il nous faudrait partager la scène encore. Mais c’est seulement 2, 3 ans après cette première scène ensemble que nous avons décidé de créer un duo.

Nous avons choisi Rosaway car il s’agit d’abord de nos initiales mais également car ce nom revêt une couleur un brin désuet et un « chouïa » kitsch qui nous a plu.

Avez-vous les mêmes influences ?

Oui et non. Nous venons de deux genres musicaux différents. Rachel vient du classique et SteF du blues. Nous avions un langage et des codes différents. En revanche, nous avions, à peu d’exceptions près, les mêmes goûts musicaux. Nous nous sommes retrouvés là finalement.

Qu’est-ce qui vous pousse à écrire, à composer ? Avez-vous des messages particuliers à faire passer ?

L’envie de raconter des histoires, de créer des bulles narratives et musicales de quelques minutes. Nous prenons beaucoup de plaisir à imaginer un texte et lui donner vie en musique. Créer notre projet était l’occasion pour nous d’essayer tout et surtout sans limite (de genres, de styles, de timing, de langue…).

Nous ne sommes pas un groupe engagé au sens littéral du terme. En revanche, nous nous saisissons de l’actualité, des faits sociétaux et du monde qui nous entourent. Ce sont nos plus grandes sources d’inspiration.

Si vous deviez parler de votre EP à une personne qui ne l’a pas écouté, comment le décririez-vous ?

Coloré, bigarré, éclectique, ironique, drôle mais surtout « feel good »

Quels sont vos futurs projets ?

Nous venons de sortir un nouveau single : « Midnight »

Nos projets à court et moyen termes sont surtout de le jouer le plus possible et de lui faire rencontrer un maximum de publics.

Si vous ne pouviez plus écouter qu’un seul morceau pour le restant de votre vie, lequel serait-il ?

Mais c’est très dur ça !!!

Très certainement : « At Home » d’Avishaï Cohen… une perle, une vraie.

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Par Jess. D

Rakoon

Crédits photo : Joris Couronnet

Fruit d’une importante recherche sonore le nouvel album de Rakoon « Something Precious » sorti en septembre dernier nous propose un voyage émotionnel intense et surprenant. Nous vous laissons le plaisir de découvrir son univers au travers de ses réponses à nos questions. 

Salut RAKOON, peux-tu te présenter à nos lecteurs ?

Salut ! Moi c’est Rakoon, j’ai 27 ans et je fais de l’Electro Dub aux influences très larges.

Qu’est-ce qui t’as amené à faire de la musique ?

J’ai grandi à Pigalle, à Paris, dans une rue où il y a plein de magasins de guitare, c’est assez logiquement que j’ai été attiré par l’instrument à mes 10 ans. La musique est très vite devenue une passion et j’ai eu envie d’écrire des morceaux très jeune, ça a pris plein de formes depuis tout ce temps sans jamais me quitter !

Pourquoi avoir choisi RAKOON comme nom d’artiste ?

Ado j’étais dans un groupe d’amis qui s’étaient tous attribués des animaux totems, quelqu’un a décidé que le raton laveur m’allait bien, et c’est devenu une sorte de compagnon de route qui me colle à la peau.

Quel est ton titre préféré dans l’album ?

Ça peut paraître convenu, mais pourtant c’est très sincère : tous ! J’ai passé presque deux ans à travailler sur cet album, et je voulais vraiment raconter une histoire cohérente dans laquelle chaque seconde de chaque morceau joue un rôle particulier. C’est donc impossible pour moi d’en détacher un en particulier, j’ai l’impression qu’enlever ne serait-ce qu’un titre rendrait l’histoire bancale.

D’où puises-tu l’inspiration qui fait l’essence de ta musique ?

C’est un mélange d’idées farfelues qui viennent de mon imagination et d’émotions assez intimes. J’ai des idées de mélanges de styles, de textures ou de couleurs sonores qui m’apparaissent, puis je fais coïncider ça avec des choses que je ressens, avec une histoire que je me raconte.

Quelle est l’histoire de « Hoi An » le 2ème single de « Something Precious » ?

Hoi An c’est l’emblème de l’album, le morceau représente vraiment les premières retrouvailles avec ce quelque chose de précieux. En commençant à travailler dessus j’ai ressenti quelque chose de très fort, d’indescriptible, que je n’avais pas ressenti avec autant de puissance depuis très longtemps. Assez logiquement, c’est devenu un fil conducteur pour tout l’album : mettre en musique quelque chose qui ne pouvait pas être décrit par des mots, que j’avais intensément envie de faire partager aux gens qui m’écoutent.

Quel est ton processus de création ?

Mon processus de création change à chaque album, pour celui-là, j’ai eu une période de recherche de presque un an avant de rentrer dans une phase de composition concrète. J’ai donc pris ce temps pendant l’année avant le confinement pour faire plein de démos, me chercher un nouveau son et trouver une cohérence dans la démarche de création de l’album. Une fois ce travail terminé, j’ai encore pris presque une année à concrétiser ces démos, un peu toutes en même temps.

Quelles sont tes influences musicales ?

Tout et n’importe quoi ! À la base de mon projet, il y a évidemment l’electro dub français et la psytrance qui étaient un point de départ pour trouver une base dans l’esthétique de ma musique, mais j’ai toujours aimé me laisser influencer par le plus de styles différents possibles !

Quelles émotions cherches-tu à faire passer au travers de ta musique ?

Je cherche à transmettre quelque chose à la fois de très personnel et très universel. Bien que sans paroles, mes morceaux racontent des sentiments très précis et intimes, mais le but est que les gens se les approprient, que les morceaux racontent une histoire qui leur appartient.

Peux-tu nous parler de ta collaboration avec l’illustrateur Miles Tewson pour la pochette de l’album ?

Dès le moment où j’ai découvert le travail de Miles, j’ai eu un coup de foudre pour l’intégralité de ses illustrations. J’ai donc pu lui donner une carte blanche pour les artworks des singles et de l’album, en lui racontant les émotions que je voulais retranscrire et je suis hyper heureux du résultat. C’était vraiment agréable de savoir à l’avance que je serai forcément content du résultat !

Pour la suite, as-tu des concerts de prévus ?

13.11 Montpellier – Le Rockstore

25.11 Bordeaux – Mac 3

26.11 Bretigny – Le Rackam

27.11 Lesneven – Festival Legendair

Et plein d’autres à venir !

Quels sont les deux titres que tu écoutes et que tu conseilles à nos lecteurs ?

Deux coups de cœur que j’écoute en boucle en ce moment :

King Gizzard – Minimum Brain Size

Rone – Waves Of Devotion

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Par Amélie. G

Eliz Murad

Crédits photo : Sarah Slimi

Franco-libanaise, Eliz est chanteuse, bassiste, guitariste, autrice et compositrice. Après divers projets en groupe (Teleferik & The Sabayas) mélangeant rock et langue arabe et suite à la pandémie de COVID, Eliz décide alors de se lancer en solo. Son EP Apocalypsna est sorti le 10 septembre dernier et nous présente ainsi son univers.

Hello Eliz, peux-tu te présenter à nos lecteurs ?

Je suis Eliz Murad, comme mon prénom l’indique je suis franco-libanaise. Autrice, compositrice et interprète, et après 10 ans avec un groupe j’ai sorti mon 1er EP en solo le 10 septembre dernier.

Peux-tu nous parler de ton parcours ?

J’ai toujours aimé écrire et raconter des histoires, que ce soit au travers de scénarios ou en images à travers mes études de vidéo. Mais la musique a pris le pas et ces dix dernières années c’est en chantant que j’ai préféré exprimer mes émotions, mes idées, ma vision de la vie etc. Je suis née en France de parents Libanais et alors que ma mère écoutait beaucoup de musique arabe moi j’écoutais du rock, de la soûl et ça se télescopait dans ma tête. En grandissant j’ai décidé de chanter en arabe que ce soit avec mon ancien groupe Teleferik mais aussi aujourd’hui en solo.

Qu’est-ce que ton expérience au sein de Teleferik & The Sabayas t’a apporté ?

The Sabayas est le groupe que j’ai créé juste avant le confinement et qui n’a toujours pas pu vraiment exister. C’est aussi de cette frustration-là que j’ai décidé de prendre une guitare et d’écrire mes propres chansons en attendant de pouvoir reprendre le chemin des salles de répétitions etc. Jouer avec le groupe Teleferik m’a appris que je voulais faire de la musique mon métier. Ça a été 10 années qui m’ont permis de tourner à l’international et de comprendre les enjeux et l’industrie musicale.

Qu’est ce qui t’a poussé à te lancer en solo ?

L’envie de raconter des choses fortes et immédiates en plein confinement, covid, les évènements au Liban et la frustration de ne pouvoir créer mon duo féminin The Sabayas. C’est en tout cas en stand-by mais avec Nadine la batteuse on a hâte de pouvoir mettre The Sabayas enfin en place.

« Apocalypsna » ton EP est sorti le 10 septembre, peux-tu nous en parler ?

Apocalypsna veut dire « notre apocalypse » en dialecte libanais. Chaque chanson est un moment fort que j’ai vécu pendant ces deux dernières années. Le Badna parle de negrophobie dans les pays arabes mais aussi de l’affaire George Floyd. C’est une ode a la beauté de la couleur noire, 7ooriye veut dire « Sirene » en arabe et je parle d’une histoire furtive pendant le confinement, une créature inaccessible, Beirut est un hommage à ma capitale meurtrie encore une fois de trop l’été dernier et Lockdown est une chanson rock qui se veut énergique et métaphorique de la folie du confinement.

Quelle est l’histoire de « Beirut » ton 1er single ?

Beirut a été composé en une nuit, le lendemain de l’explosion au Liban en août 2020. Ça a été comme une fulgurance. Dans ces moments, l’art remplace les mots et surtout quand on est loin. Que faire ? Écrire une chanson était vital pour moi, me sentir mieux et transformer la peine en offrande.

Quelles sont tes influences musicales ?

J’en ai tellement. Je dirais que les chanteuses soul afro américaines comme Tina Turner, Aretha Franklin m’ont beaucoup construite. J’ai toujours aimé leur puissance. Mais aussi la pop classique des Beatles et des Beach Boys, l’urgence de Nirvana, le lyrisme de la diva Fairuz et puis le charisme de PJ Harvey. Aujourd’hui j’écoute aussi de la trap, Billie Eilish, de la neo soul. J’aime beaucoup de choses et je ne me limite pas.

Que veux-tu faire passer à travers tes chansons en général ?

Je veux être une « emotionneuse » plus qu’une performeuse. Partager mon histoire personnelle c’est toucher à l’universel et je sais que nous ne sommes pas beaucoup de nanas et en plus d’origine métissée à choisir le rock, alors j’ai envie aussi de faire des choses là ou mon profil n’est pas attendu.

Était-ce une évidence pour toi de chanter en arabe ?

Oui depuis l’adolescence. D’abord l’envie de voir des chanteuses rock en arabe sur scène mais comme ça n’existait pas j’ai décidé de le faire moi-même (rires).

Pour la suite, as-tu des concerts de prévus ?

J’ai sorti l’EP sans rien attendre et je n’ai pas préparé de tournée pensant que le confinement serait prolongé donc ce sera pour les prochains albums que ce soit en solo ou avec The Sabayas.

Quels sont les deux titres que tu écoutes et que tu conseilles à nos lecteurs ?

En ce moment j’adore le folk de Adrienne Lenker et son titre anything très doux pour passer l’automne en douceur, et je dirais le duo Larkin Poe et son Bleach Blond Bottle Blues pour se réchauffer de l’hiver qui arrive et découvrir ce duo qui n’a rien à envier aux Black Keys.

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Par Amélie. G

Dégage

Crédits photo : Cédric Pierret

Dégage, c’est le produit enthousiasmant des amitiés fortes, soudées, attachantes de quatre musiciens compositeurs inspirés, qui, à travers leur travail, leurs rires et leurs voyages émotionnels, Dégage de l’énergie, de la poésie, de la rêverie et de la tendresse aussi. Ils proposent une musique vaste et passionnée. Leur EP est sorti le 15 octobre dernier, il est temps pour vous de découvrir leur univers.

D’où vous est venue l’idée/ l’envie de créer dégage ?

Nous nous retrouvions chaque année au festival La Route du Rock à Saint-Malo. DÉGAGE est né de ces moments de musique et de vie, heureux et chaleureux.

Et pourquoi ce nom de groupe ?

C’est un appel à dégager ses émotions.

Comment vous êtes-vous rencontrés ?

Erwan et Maxime se connaissent depuis tout petit. Ils ont ensuite eu envie de créer un groupe de musique. DÉGAGE s’est donc ensuite formé en une soirée de mars 2017, veille du premier concert.

Quelles sont vos influences majeures ?

Nous aimons énormément la scène océanique (Pond, Tame Impala, …) ainsi que des musiciens français tels que Flavien Berger mais aussi des artistes comme Mid High Club ou encore Temples.

Est-ce que vous pouvez nous parler de votre processus d’écriture, de création et de composition.

Nous commençons d’abord par faire des ébauches de morceaux, des maquettes que nous réarrangeons et restructurons ensemble. Chacun apporte ses idées et c’est ensuite en se retrouvant physiquement que l’on finalise les morceaux.

Pochette de l’EP

Pouvez-vous nous parler de l’EP ?

Tout l’ADN de l’EP est dans la pochette. Il s’agit du plongeoir de la piscine de Bon Secours à Saint-Malo, un lieu emblématique où, comme dit précédemment, nous nous retrouvions chaque été pour le festival de La Route du Rock. Depuis les débuts de DÉGAGE, après une trentaine de concerts et n’ayant sorti qu’un seul clip « JAVEL » jusqu’ici, c’était le bon moment, pour sortir un premier disque. Nous avons assemblé nos titres en une seule œuvre, dans laquelle, chacun apportant sa pierre à l’édifice, nous avons mis nos tripes et nos cœurs ! Home made, l’enregistrement de l’EP a été réalisé chez nous, à Reims, et produit par l’un de nous, Mattéo Caburet. John Attali, cofondateurs du Label Attitude, a mixé l’ensemble des morceaux. Enfin, le mastering a été réalisé chez Globe Audio Studio. L’ambiance des morceaux est lumineuse et joyeuse dans les sonorités, tout en utilisant dans certains des textes -–écrits par Erwan Choquenet et Maxime Boubay – Les champs lexicaux des regrets ou des angoisses. Si nous préférons l’idée de « l’art pour l’art », sans messages particuliers à défendre dans nos titres, partout l’espoir et la confiance en l’avenir dominent.

Quels sont vos futurs projets ?

Nous sommes très heureux d’avoir sorti ce premier EP et nous avons maintenant envie de le défendre le plus possible en concert. DÉGAGE prend tous son sens en live ! Et il y a encore de belles choses à venir…

Quels sont les deux titres que vous écoutez et que vous conseillez à nos lecteurs ?

Pond – Edge of the Word part. 1 et part. 2

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Par Jess. D