Degiheugi

Crédit photo Lucas Perrigot

Ce vendredi 23 avril, Degiheugi nous a dévoilé son huitième album FOREGLOW. Il nous arrive tel un rayon de soleil dans la grisaille ambiante , nous transporte loin de chez nous et nous donne l’envie de nous évader. Afin d’en savoir un peu plus, Degiheugi a accepté de répondre à quelques une de nos questions.

Bonjour, peux tu te présenter à nos lecteurs ?

Bonjour, je m’appelle Degiheugi, ça paraît dur à prononcer, mais il faut juste dire les 4 lettres D.J.E.J. Je suis Compositeur / Beatmaker. Ça fait une vingtaine d’années que je fais ça, j’ai commencé très tôt et très jeune dans le rap, puis je me suis concentré sur la production et j’ai monté mon projet solo « Degiheugi » vers 2005. Depuis j’ai fait 7 albums et 2 EP. Plus pas mal de production pour d’autres artistes, rap ou autre.

Degiheugi – Nuday feat Andrre

Ton nouvel album « FOREGLOW » est sorti le 23 avril, peux-tu nous en parler ? En quoi est-il différent des précédents ?

C’est un album que j’ai voulu différent dès sa conception. Cela faisait longtemps que je voulais m’attaquer au répertoire de pays hispaniques, d’Amérique du Sud ou du sud de l’Europe. J’ai mis longtemps à m’y mettre car je voulais mieux comprendre la culture, et la musique de ses différents pays pour mieux les appréhender. Cela a eu comme effet de produire un album plus solaire, peut être plus joyeux aussi ! Même les rythmiques et le choix d’instrument sont différents des précédents albums. C’est un album que j’ai voulu positif, peut-être un peu plus ouverts que mes précédents albums. C’est un album que j’ai voulu positif, peut être un peu plus ouverts que mes précédents albums.

Quel est ton titre préféré ?

C’est vraiment difficile à dire car ça change souvent. J’adore Nuday, Woman, Straight Murder qui est un peu un ovni dans l’album… Peut-être Nuday, qui est le plus représentatif de cet album.

D’où puises-tu ton inspiration ? La pandémie actuelle a-t-elle changé ta façon de créer ?

Indirectement oui. Quand la pandémie à commencé en mars 2020, j’étais en plein processus de création de cet album. Je pense que le fait de me retrouver dans une situation si anxiogène, et si liberticide, avec ce décompte macabre qui nous étais offert chaque soir, m’a inconsciemment amené à faire un album qui appelle à l’évasion, au soleil, au partage et aux bonnes vibes. Un peu comme une échappatoire, une issue de secours mentale à cette situation.

Peux-tu nous en dire plus sur ton processus de création ?

Je suis ce qu’on appelle un digger. Je cherche et j’écoute beaucoup de disques, le plus souvent anciens et un peu oubliés. À partir de ces disques, je cherche soit l’inspiration, soit ce qu’on appelle des samples. Ce sont de courts ou moins courts échantillions de musiques que l’on réutilise de façon reconnaissable ou non dans une musique. Alors souvent je pars d’un sample, et je construis le morceau autour. Ça peut être une mélodie, mais aussi juste une texture, ou une voix. Il n’y a pas de schéma préétabli. L’idée c’est que je crée un peu selon mon humeur. Joyeux, positif ou triste, inquiet ou un peu fou. Selon le mood du jour, je vais chercher les samples qu’illustre le mieux ce ressenti. Ensuite je contruis la rythmique, les arrangements au clavier, la bass etc, soit à partir de claviers, d’instruments, de musiciens que j’invite ou encore d’autres samples.

Les multiples influences (afrobeat, samba…) présentent sur cet album permettent de s’éloigner loin du chaos actuel, était-ce une volonté de ta part ?

Oui comme évoqué un peu avant, je pense que j’avais tellement besoin d’évasion, de voyages, de soleil, de proximité, que je l’ai retranscrit dans cet album. Moi ça m’a aidé à passer cette période. Et si par chance, je peux offrir quelques minutes de répits, de sourire ou d’évasion à ceux qui écouteront alors ça sera pour moi une réussite.

Quelles émotions cherches-tu à faire passer à ton public au travers de tes sons ?

C’est plus une notion de partage d’émotions. J’ai toujours considéré ma musique plutôt comme cinématographique, alors à chacun de se faire son film quand il écoute ma musique. Certains titres sont plus évidents à « lire » ou décoder sur les émotions que je veux transmettre, mais ce que j’adore, c’est quand les gens viennent me voir et me racontent ce que tel ou tel titre leur évoque ou leur font imaginer. Si le scénario ou l’émotion est complètement différent de ce que je pensais, alors je trouve ça réussi car je me dis que cet auditeur s’est complètement approprié le titre, et quelque part, il ne m’appartient plus. J’aime cette idée.

L’artwork signé DULK

Ton artwork est juste sublime, quelle est son histoire ?

L’artwork est signé par DULK ! C’est un artiste que j’adore. C’est le 3e album et la 4e pochette qu’on travaille ensemble. DULK est un artiste peintre issu du street art. Il peint ses fresques animalières sur des murs entiers d’immeubles, mais aussi sur tableau. C’est le cas de cet artwork. C’est d’abord un tableau qu’il a peint après qu’on est longuement discuté de l’album et de ce que je voulais faire ressortir comme émotion. Je lui ai parlé de ce moment au coucher et au lever du soleil, de cette plénitude que l’on peut ressentir quand tout est calme et que la lumière devient si magnifique pendant un couer instant. J’aime ce côté éphémère de cet instant. Ça nous a donc donné les couleurs de la pochette. Ensuite il m’a demandé quel animal me représenterait le mieux dans ce moment, nous sommes arrivés au paresseux car c’est le seul moment de la journée et j’ai réellement envie de tout stopper, ne rien faire et juste profiter de l’instant. Foreglow met ça en avant. Cette lumière, cette couleur, ce moment de calme où nous devrions un peu stopper pour juste profiter et se sortir la tête de cette vie un peu étrange que nous vivons tous.

Deux titres que tu conseilles à nos lecteurs ?

Je pense que Nuday et Afterglow donneront un bel aperçu de l’album !

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Par Jess. D