Animal Triste

Crédit photo : Léonard Titus

On ne les présente plus, le 4 février dernier les membres du groupe Animal Triste nous ont livré leur dernier album Night of The Loving Dead. Une ode au rock crépusculaire qui nous emporte au travers d’un monde mystique emplit de créatures sorties du fin fond des bois. À cette occasion nous avons rencontré Cédric et Mathieu respectivement bassiste et batteur du groupe, qui ont bien voulu nous révéler quelques secrets de ce deuxième album.

Hello votre deuxième album est sorti vendredi vous vous sentez comment ?

Cédric : On est heureux, quand tu as une sortie c’est un aboutissement.

Mathieu : Animal heureux.

Cédric : Voilà animal heureux.

Mathieu : Non mais c’est dur de ne pas être contents tu vois. Il est génial on est très très heureux, l’accueil est super. Le disque est beau on est très content de l’objet.

Night of the Loving Dead. La nuit des morts aimants au-delà de la référence au film de Romero y a-t-il une histoire derrière ce titre ?

Mathieu : The Loving Dead … le jeu de mots déjà est cool, il est truculent. On trouvait aussi qu’il y avait un côté rigolo sur la place du rock’n’roll que tu pouvais codifier aux créatures de la nuit. Comme si on était relégués à un peuple de zombies, tous les bourgeois font la fête dans la citadelle et nous, on est dans les bois en train de roder tu vois. Des références au vampirisme aussi, en fait tout ce qui a un rapport avec le rock nocturne qu’on aime. Sur la chanson Afterlife il y a un truc sur le loup-garou, la lycanthropie. Et puis il y a aussi le cinéma de genre effectivement Romero mais on a toujours fait beaucoup de références à John Carpenter. Le studio n’était pas loin d’une forêt, imaginez on était dans un endroit pas possible reclus avec David Fontaine qui est un mec exceptionnel. Il n’y a pas la 4G, il faisait un peu froid on allait chercher l’eau au puits et le soir on se réchauffait à la cheminée. D’ailleurs tout ça est raconté dans Animal Years.

Cédric : C’est vraiment une ambiance, tu es hors du temps.

Mathieu : Non mais je ne sais pas pourquoi on s’était tous mis à parler de vaudou, de magie noire, de trucs comme ça.

Cédric : C’était une thématique qui planait sur tout l’enregistrement, on cherchait des références, on regardait des visuels. Parce que quand tu enregistres tu penses aussi un peu à l’image que tu veux, ou pas. Mais nous, on commençait à y réfléchir, à se demander dans quelles esthétiques on allait partir visuellement.

Mathieu : Je voulais un bouc sur la pochette, tu te souviens ? On cherchait des références à Belzébuth il y avait plein de choses comme ça qui nous traversaient, c’était vraiment un truc de magie noire.

Crédit photo : Léonard Titus

Ce second opus a été enregistré (comme le premier) dans le studio de David Fontaine Piggy in the Mirror, ça, c’est passé comment cette fois-ci ? (En termes d’ambiance pré-apocalyptique ça devait être bien différent.)

Mathieu : Non ça y est l’apocalypse était passée.

Cédric : On allait y revenir. On est arrivés avec plus de matière, forcément c’est un deuxième album ce n’est pas comme le premier. On avait déjà une expérience commune, un passif ensemble. Du coup on est repartis sur de nouvelles bases sur des choses qu’on avait avancées mais pas trop. Pour se laisser justement encore de la latitude pour remettre des choses en cause. On sait très bien que quand tu es six ça foisonne un peu et ça permet des accidents heureux, ça laisse une part d’improvisation. On aime bien arriver avec des trucs pas trop figés, on sait très bien que c’est le bon exercice.

Mathieu : Le premier album, on l’avait enregistré très très vite. Là on avait plus de temps mais par contre on n’a pas voulu avoir trop de temps non plus. Donc on a jonglé entre pleins de choses, c’est ce que disait Cedric on est arrivé avec plus de squelettes de morceaux. On en avait vraiment beaucoup plus. Il y en a dix sur l’album et on en avait quinze au départ. Sur le premier on avait vraiment tout joué, on n’en avait pas plus enfin si mais qu’on n’avait pas eu le temps d’enregistrer. Là on avait vraiment des squelettes mais comme on avait du temps, on s’est laissé le plaisir d’improviser et de voir ce qu’il se passait. Mais avec toujours la même équipe, David Fontaine cet être merveilleux qui tient le studio et Etienne Caylou le non moins être merveilleux qui a mixé l’album.

Est-ce que pour Night of the Loving Dead vous avez été habités par la même urgence que pour votre premier album ?

Cédric : Un deuxième album c’est toujours différent d’un premier, comme je le disais tout à l’heure on a un passif derrière. Un deuxième album tu as toujours l’ombre du premier et il faut aller ailleurs. C’est toujours un exercice qui est compliqué.

Mathieu : Moi je le trouve plus urgent, le deuxième je le trouve plus tendu. Alors il est peut-être plus brut le premier mais si c’est intéressant. J’ai quand même l’impression qu’il y a des morceaux très urgents, avec des choses qui sont arrivées tellement vite.

Cédric : C’est ça. Il y a certains trucs qu’on pensait actés et finalement quelque chose que tu n’avais pas prémédité fini par arriver. Tu retrouves ce caractère spontané qu’il y avait dans le premier même si ça n’était pas voulu au départ. Tu arrives avec plus de matière ça c’est sûr, tu te dis on a une bonne base ça devrait aller. Et au final tu déconstruis les choses pour en reconstruire de nouvelles qui prennent vie et qui te dépassent un peu comme sur le premier. On retrouve bien la spontanéité du premier sur le deuxième même si ça n’est pas aux mêmes endroits.

Mathieu : Et surtout les morceaux du deuxième on ne les avait jamais joués en répète avant d’aller en studio.

Cédric : Oui c’était la grosse différence avec le premier.

Mathieu : On ne savait pas les jouer.

Cédric : Pour moi c’était un exercice tout nouveau parce que je n’ai jamais fonctionné de cette manière dans mes projets d’avant, je suis allé en studio avec beaucoup d’incertitudes. Tu te remets toujours en question. Est-ce que je vais être bon dans l’instant ? Est-ce que je vais être inspiré ? Est-ce que, est-ce que, est-ce que … et au final ça rejoint ce qu’on disait tout à l’heure quand tu es dans une ambiance bienveillante et que tu sais que tout le monde se fait confiance, tout se passe bien en fait. Et là tu retrouves la spontanéité.

Mathieu : Ça tient à beaucoup de choses. On a un chanteur qui s’est vachement dépassé, déjà sur le premier mais sur le deuxième il y a des moments où je me suis dit « waouh ». Sur Machine Love il crie à la fin et en sortant il nous a dit « je crois que je n’ai jamais gueulé comme ça les mecs ». C’est marrant pendant l’enregistrement il y a des moments où il n’enregistrait pas parce qu’on travaillait la musique et lui, il écrivait au coin du feu, il allait faire des balades dans les bois. Il revenait le soir avec quelque chose à boire et il nous disait « je le sens on tente un truc », et il était deux heures du matin. Ça, c’est passé comme ça, on était vraiment très souvent tous ensemble. Et alors ça bossait, mais alors vraiment dans une joie. En tout cas il est peut-être moins immédiat que le premier, mais je crois vraiment qu’il est plus dur et plus riche.

Night of the Loving Dead est traversé par une ambivalence entre ombre et lumière assez planante où vous semblez avoir croisé bon nombre de chamanes et autres fantômes. Où puisez-vous cette énergie qui semble presque mystique ?

Mathieu : C’était en février notre label (M2L), Fred Lomey ce saint homme qui est aussi notre tourneur, m’appelle et me dit « hey les gars c’est à nouveau un confinement vous en faites un deuxième ? ». Je lui ai dit « Fred on vient d’en sortir un il y a deux mois quoi, ça va ». Il me répond « allez les gars, c’est cool ». Donc moi j’appelle les gars et David Fontaine. Il nous dit qu’il a un créneau en avril au studio. On est donc en février.

Cédric : Et là on se dit qu’il nous faut des morceaux.

Mathieu : Alors on avait quelques morceaux qui traînaient notamment Tell Me How Bad I Am, c’est le premier morceau composé par Animal Triste avec Fabien et Yannick. On l’avait composé il y a quatre ans, un truc comme ça. On ne s’en était pas servi. Darko avait des morceaux,  des morceaux qu’on n’avait pas réussi à aboutir, Machine Love en est un par exemple. D’un seul coup tout le monde a ramené des briques et là on s’est dit putain ça fait quinze morceaux.

Ombre et lumière effectivement je vois ce que tu veux dire, on avait envie d’explorer plein de nouveaux territoires.

Darko on a pu reconnaître la « trame » de Blackdoor sur la chanson With Every Bird. Ça te fait quoi de voir renaître cette chanson sous une autre forme ?

Darko : Très bonne question même si tout cela s’est déroulé de façon très spontanée… Quand on a un chanteur comme Yannick et un guitariste comme Peter Hayes sous la main on a instantanément envie de réinterpréter et re enregistrer l’intégralité de tous les répertoires de l’univers… dans un souci d’efficacité et pour aller au plus simple, on a jeté notre dévolu sur ce morceau qui existait effectivement par le passé dans des atours plus coldwave. Yannick y a posé ses mots et Peter ses arrangements. On est tous fans du résultat.

Mathieu : Moi je peux vous en parler, c’était marrant. Il y a Animal Years, Machine Love et With Every Bird qui était Blackdoor. On avait essayé From Above aussi mais ça ne fonctionnait pas. Blackdoor pour le coup c’était une chanson vraiment aboutie, on la pensait plus sud des États-Unis. Et en fait on était là à ralentir un peu le tempo, à la penser un peu plus chaude et Yannick est arrivé avec sa ligne de chant. On s’est dit « bon bah ouais ». C’est peut-être le morceau que je préfère sur le disque. J’adore, j’en suis content.

Vous avez réalisé un rêve de gosse en partageant deux titres avec Peter Hayes de BRMC. Qu’a t’il apporté à ces deux titres ? Que vous à t’il apporté en tant que musiciens ?

Mathieu : Un petit peu. C’est une validation dont tu rêves quand tu fais de la musique, d’un seul coup tu as un des mecs que tu préfères d’un des groupes que tu préfères qui te dit « c’est bien ce que tu fais, je suis content de jouer avec toi ». Et même en tant qu’humain, je le disais ce matin en interview il nous a quand même dit dans son premier message « merci pour la main tendue ».

Cédric : C’est incroyable, c’est le monde à l’envers.

Mathieu : Ouais et puis on continue, ça ne va pas s’arrêter là. On continue à s’écrire, il mixe le prochain City Of Exile. On s’écrit une ou deux fois par semaine. On en parlait tout à l’heure avec Drikx.c c’est fou, mais il y a un soir où on était chez moi il y avait Fabien aussi et on reçoit un mail du manager de Peter Hayes. C’était avant que tout ça se passe. Il nous écrit « pas mal ce que vous faites les gars, je pense que ça peut intéresser Peter. Est-ce que vous pouvez m’en dire plus ? ». Déjà on a fait la fête parce qu’on était très content. Et en fait on s’est dit rien n’est actée, c’était juste le début.

Cédric : Le fait de te dire que tu n’es personne, qu’eux, ils n’ont jamais entendu parler de toi. Ils voient bien que c’est une chaîne microscopique, donc au final ils n’y cherchent pas d’intérêt.

Mathieu : Non on a jamais parlé d’argent.

Cédric : Il a vraiment écouté. Ils ont trouvé qu’artistiquement c’était intéressant donc quand tu parles de validation, le fait que ça arrive à ses oreilles c’est que quelque part par rapport à ce que tu veux faire tu es dans le rail. Ça veut dire que des fois il faut s’autoriser à rêver grand.

Mathieu : Toujours, c’était un peu la leçon du disque vraiment. Encore une fois quand on a fait la liste des gens avec qui on voulait bosser forcément ils étaient très très hauts dans la liste, je pense que vous connaissaient les autres noms. C’est vraiment un de ceux dont on nous a dit « BRMC ils ne font jamais de featuring ».

Le clip de Tell Me How Bad I Am retranscrit parfaitement l’ambiance sauvage, organique et presque spirituel de l’album. Comment vous avez travaillé ce côté visuel ?

Cédric : Un peu dans l’urgence aussi. Pour tout vous dire, on a essayé de laisser les mains libres à quelqu’un qui nous propose quelque chose. Au final on ne l’a pas retenu, ce n’est pas que ce n’était pas bien mais ça ne nous ressemblait pas trop. On n’était pas sûr d’assumer le truc, et c’est le premier signal que tu envoies, faut vraiment éviter de taper à côté.

Mathieu : C’était vraiment bien ce qu’ils avaient fait mais ce n’était pas nous.

Cédric : On s’est retrouvé dos au mur, on s’est dit « bon il faut que le clip sorte et vite ». Donc on a fait avec les forces en présence. On a choisi de rester dans ce qui nous semblait dans la droite lignée de l’album, en tout cas vraiment dans le coté crépusculaire.

Mathieu : Tu sais ce qu’on a fait, on est allé voir les copains.

Cédric : On a bossé avec la même équipe. Léonard Titus qui a réalisé la pochette, le logo auquel on a foutu le feu derrière chez lui. On a shooté ça avec Stéphane qui nous avait filmés au Kalif pour la session live. Et dans les connaissances liées au Kalif il y avait un gars qui est maître verrier, qui nous a fait le logo en verre. On savait qu’on allait faire un clip qui allait jouer avec la lumière, on a donc embarqué ce logo en verre. Tu vois c’est assez improbable d’avoir ce truc très pur dans un décor très naturel. Ça invoquait pas mal d’images assez fortes. On a joué beaucoup là-dessus, on a fait simple. On a essayé de faire quelque chose d’efficace, de ne pas trahir l’esprit du morceau. Et forcément tu as une petite pression, tu sais qu’il y a Peter Hayes qui t’a fait confiance. Alors même s’il y avait peu de moyens et de temps, on avait au moins envie de ne pas le trahir dans l’esprit.

Cet album reflète votre engagement pour le rock hanté par des artistes comme Nick Cave… Plus d’un an après la sortie de votre 1er album vos revendications restent-elles les mêmes ?

Mathieu : Oui bien sûr, mais tu sais quoi ce n’est même pas des revendications. On se dit ça avance comme ça avance, on est dans la contre-allée On est déjà contents d’être entre nous et ceux qui nous aiment nous suivent. Tu vois c’est vraiment ça et on ne lâchera pas.

Et pour finir, deux titres que vous écoutez et que vous conseillez à nos lecteurs ?

Mathieu : Moi c’est The Soul of the Hour de Gallon Drunk, je trouve le morceau super.

Cédric : Le fait que les références de 16 Horsepower soit ressorties je suis allé en écouter. J’avais vraiment écouté en diagonal, et du coup je suis retourné en écouter en me disant je ne connait pas assez.

Mathieu : Oui moi aussi. Les 16 Horsepower c’est vrai, I Seen What I Saw ce morceau il reste pas mal en ce moment j’aime bien ce morceau.

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Par Amélie. G

Animal Triste

Crédits photo : Amélie Garnier

Les membres du groupe Animal Triste ont bien voulu nous accueillir dans leur tanière le 26 novembre dernier pour répondre à quelques-unes de nos questions. Nous vous proposons donc ce soir de découvrir nos retours sur leur tournée d’automne ainsi que la plus cool des interview.

Amélie : Qu’on se le dise je suis quelqu’un de très réservé, demandez à Jess elle confirmera (je confirme) . Mais s’il y a bien quelque chose qui peut me faire sortir de ma réserve c’est bien la musique, encore plus s’il s’agit d’un concert de rock ! Alors oui je n’ai pas le vocabulaire d’une professionnelle dans ce domaine mais à la Boîte à Musiques Magazine on essaie de partager la musique que l’on aime avec le cœur. Alors c’est parti pour mon retour sur la tournée d’automne d’Animal Triste. Vous l’aurez peut-être déjà compris Animal Triste c’est un groupe de rock que l’on appréciait déjà particulièrement en version studio, mais si vous n’avez pas eu l’occasion d’aller les voir en live vous avez loupé quelque chose. Depuis septembre nous les avons vus défendre leur projet sur scène (de façon tout à fait raisonnable bien évidemment), d’Évreux à Wattrelos en passant par Rouen, Massy et Paris. On a donc pu apprécier à travers ces cinq dates l’évolution de ce groupe de six potes composé de Yannick au chant, Mathieu à la batterie, Cédric à la basse, Darko à la guitare et au clavier, Fabien et Sébastien aux guitares. Un concert d’Animal Triste ça prend aux tripes, c’est cette énergie folle qui ne vous lâchera pas jusqu’à la dernière note qui raisonnera sur scène. Un voyage rock authentique porté par la voix envoûtante de Yannick et par ces musiciens à la complicité évidente. Un set captivant mêlant les chansons de leur premier album éponyme et de l’album à venir, ne laissant aucun répit. Les six animaux ne nous donnent la permission de reprendre notre souffle qu’après le rappel avec une version toute particulière d’Amor Bay pour repartir de plus belle avec la sauvage et finale Darkette. Je ne saurais que trop vous conseillez si l’occasion se présente à vous, de vous laisser convaincre de les voir en live. Je vous promets, ça vaut le coup.

Jess : Les personnes qui me connaissent savent qu’Animal Triste, c’est mon groupe coup de cœur de ces derniers temps. J’attendais donc avec impatience de pouvoir tracer les kilomètres d’autoroutes et de routes nationales avec mon acolyte de toujours pour enfin les voir sur scène (je lance un appel à toutes les stations autoroutières, n’hésitez pas à nous contacter pour tout partenariat concernant les bouteilles d’Evian ainsi que les sandwiches triangle, nous en serions dignes représentantes). Avant de commencer, il faut que vous soyez prévenus, une fois que vous avez mis un pied à un de leur concert, c’est comme une drogue, vous allez avoir envie de tous les enchaîner. Et je vous encourage vivement à faire de même dès la reprise de leur tournée. Pour notre part c’est chose faite. Et à la question :  « alors qu’est-ce que ça donne sur scène ? » bah c’est la folie ! Dès leur entrée, on sait qu’on va avoir le droit à du très lourd ! Chose qui se confirme à la première note, et qui se reconfirme dès que Yannick se met à chanter. Cette voix qui ne ment pas, la même que l’on retrouve sur l’album et qui est d’une intensité incroyable. Ils n’ont pas besoin d’artifices c’est indéniable. Entre eux c’est fluide, ils sont six mais finalement ne font plus qu’un. Ils ont la même envie : celle de déchaîner les enfers d’un rock qui n’est pas mort, faire trembler les murs et les plafonds (Bien trop bas dans certaines salles, à de nombreuses reprises j’ai craint pour la vie des guitaristes.) Vous l’aurez compris, Animal Triste c’est le feu et je n’ai qu’une hâte : que leur nouvel album sorte et enchaîner à nouveau les futures dates de leur prochaine tournée.

Crédits photo : Amélie Garnier

Animal Triste c’est quoi pour vous ?

Yannick : Ça a commencé comme une récréation, si on peut dire ça. Et puis, il y a eu de plus en plus de potes qui sont venus se greffer au jeu qu’on était en train de faire. Je ne sais pas moi, c’est un peu l’instrument de notre vengeance. Enfin ce n’est pas du tout négatif mais en gros, c’est un projet où l’on fait ce qu’on n’a jamais trop pu faire dans nos autres projets respectifs. C’est le groupe d’ados dans un garage qu’on n’a peut-être pas tous eu. Moi je sais que je ne l’ai pas eu donc je me rattrape de ça.

Mathieu : Moi je suis d’accord c’est très bien. C’est un purgatoire quoi !

Sébastien  : Un exutoire plutôt qu’un purgatoire.

Darko : Non mais c’est un peu une réponse à tous nos questionnements, de pourquoi on fait de la musique tout simplement, pourquoi on a décidé à un moment d’en faire notre vie. Ça redonne un sens un peu à tout. Et effectivement, il parlait de ce fantasme adolescent de groupe dans un garage, et on retrouve ça à nos âges avancés. La joie de se retrouver dans un van avec des potes, faire des kilomètres et jouer nos chansons dans pleins de lieux différents. C’est une récré.

Mathieu : C’était aussi, comment dire pour un peu rendre hommage aux gens qu’on a vraiment aimés. De se dire pourquoi on a fait de la musique, qu’est ce qui nous a animés au départ. On parlait des Doors, de Nick Cave et bien parce que ces gens étaient là. Et est-ce qu’on ne pourrait pas faire ça entre potes ?

Votre premier album a presque 1 an, elle s’est passée comment cette première année de vie ?

Darko : C’était hyper paradoxal parce que normalement le cycle, c’est une sortie d’album puis la promo et une tournée. On enchaîne et on a plus le temps de penser à rien. À cause du contexte on a été bloqués, assignés à domicile mais on n’a jamais autant joué que cette année-là où on a été supposé ne rien faire. Très vite on a dû se projeter sur un avenir, certes incertain à l’époque, mais on a très vite enchaîné avec les gars. On a composé et on a bossé sur le prochain album à venir alors qu’on n’avait même pas encore tourné pour le premier. Et effectivement c’est bizarre. On n’avait le droit de ne rien faire et pourtant on n’a jamais été aussi actifs que durant ces quelques mois qui viennent de s’écouler. La tournée est supposée être le point d’orgue et le rush alors que nous, on prend ça plus comme une détente, par rapport à tout ce qu’on s’est infligé comme masse de boulot. Là ça y est c’est les vacances, c’est la colonie on a le droit de faire des bornes.

Fabien : Il y a un truc très paradoxal, on tourne pour le premier album mais on joue pas mal de morceaux du deuxième.

Darko : Que l’on n’a pas encore sorti !

Fabien : On revient un peu à l’ancienne où on faisait des tournées avant les sorties d’album. Où les mecs présentaient leur nouveau disque en tournée.

Cédric : Ils tournaient et pas forcément en rapport avec leur actualité. Ils faisaient des tournées parce qu’il fallait bien manger. Et donc en tournée tu joues les chansons que tu bosses en ce moment, peu importe si l’album vient de sortir ou s’il va sortir.

Fabien : Du coup, c’est assez rigolo de se dire on est censé tourner le premier album et finalement on défend quasiment un album trois quarts. Remarque, ça a été plus facile pour nous de faire la liste on avait plein de morceaux à jouer.

Crédits photos : Amélie Garnier

C’est votre première tournée ensemble, vous avez pu trouver chacun vos marques ?

Mathieu : C’est fluide, c’est comme quand on fait une soirée entre potes, tu vois.

Sébastien : C’est toujours bien les premiers instants d’une relation, tout est beau quoi. On verra la deuxième tournée si là tout est formidable. (Rires)

Yannick : On se connaît tellement tous bien.

Darko : C’est notre première tournée tous ensemble.

Mathieu : C’est un peu l’agence tous risques.

Darko : On se connaît depuis tellement d’années. Certains sont voisins, d’autres sont allés à l’école ensemble dans les années soixante. On part même en vacances ensemble.

Mathieu : Non mais c’est facile, c’est tout simple. On ne se pose pas de questions, on va droit au but et c’est chouette.

Comment avez vous travaillé et choisi la set list ?

Darko : Cette période particulière a induit que nous reportions cette tournée à maintes reprises mais nous nous estimons heureux car les concerts ont finalement eu lieu… Le fait est que nous avons doublé notre répertoire durant cette longue attente imposée par ce satané virus avec la composition et l’enregistrement du deuxième album et ça aurait été très frustrant pour nous de ne pas intégrer quelques nouveaux morceaux à la setlist… Du coup même si cette tournée découlait de notre premier album, on n’a pas pu résister à la tentation, certes par plaisir, mais aussi afin de parfaire les atmosphères et tenir un concert sur la longueur sans qu’il y ait de creux. C’est une petite science en soi et rien n’est laissé au hasard dans la construction d’un set. Jusqu’au rappel

Vous êtes tous normands si je ne me trompe pas, vos deux premières dates étaient à Gisacum (Le Vieil-Évreux) et au 106 (Rouen). Ça vous à fait quoi de commencer à la maison ?

Mathieu : Seb, toi qu’est-ce que ça t’a fait ?

Sébastien : Moi j’étais à l’étranger (rires). Non mais c’était très bien et en même temps il y avait un côté un peu exutoire. Il était temps.

Cédric : Ça faisait du bien.

Fabien : À Gisacum c’était super, c’était un lieu assez incroyable.

Cédric : Et aussi toute la journée on a prié pour qu’il ne pleuve pas, ce n’était quand même pas gagné.

Fabien : Et puis aller sur les terres de David pour le premier concert, c’est quand même cool.

Darko : Ça faisait très longtemps que je n’avais pas joué à Évreux. Il y a un petit côté ou tu commences par le dessert, parce qu’inévitablement c’est le début de la tournée, donc en termes de notoriété sur le pays ce n’est pas foufou. Mais en Normandie c’est cool parce qu’il y a nos proches, nos potes, les potes des potes. Du coup on a fait notre premier concert en club à Rouen et on commence par un concert complet.

Mathieu : Moi je crois que dans l’ordre ce que j’ai préféré c’était hier ( à la Maroquinerie ) et Massy (aux primeurs), mais bon après c’est du ressenti.

Cédric : En tout cas il n’y en a aucun où on s’est dit « ce n’était pas bien » quoi !

Darko : C’est toujours à double tranchant les dates à la maison.

Mathieu : Ouais moi je n’aime pas trop.

Darko : Jouer devant sa famille, ses parents, ses amis ça fait un peu plus de stress pour le coup. Et puis on a plein de soucis logistiques à gérer que l’on n’a pas ailleurs, comme gérer les susceptibilités par exemple.

Sébastien : Moi ma date à la maison c’était à Castres.

Crédits photo : Amélie Garnier

Paris a toujours une saveur particulière, qu’avez-vous pensée du concert d’hier ?

Mathieu : C’était la première date à Paris pour Cédric, je suis trop fier.

Cédric : Première date de ma vie à Paris oui. J’étais content, c’était super. À travers l’expérience des gars moi je m’attendais à tout en fait. Parce qu’eux, ils sont passés dans des lieux vachement plus rudes à ce que j’ai compris donc je m’attendais à un accueil beaucoup plus minimaliste. La configuration de la salle n’est ni trop petite ni trop grande. L’accueil et la salle étaient super.

Mathieu : En fait, ce qui est compliqué à Paris c’est que tu as toujours la prod qui prévoit d’inviter les labels, les programmateurs de radio, les programmateurs de festivals. Et qui nous dit attention c’est la date parisienne, il ne faut pas rater le concert. Donc tu as beau te dire je m’en fous, tu as toujours un peu ce truc-là. Mais à nos âges tu t’en fous, avec ce groupe-là vraiment tu t’en fous. Et ça c’est génial. Vous n’avez pas aimé ? Allez vous faire foutre. C’est super.

Cédric : Et puis on n’a pas fait de set spécial. C’est ce que disait Philou, il y a aussi l’écueil des dates parisiennes où tu te sens obligé d’inviter un tel ou un tel pour faire un featuring improbable répété une demi-heure avant le show. Donc un truc bancal.

Vous avez rencontré votre public, qu’est-ce que vous voulez que les gens retiennent d’un concert d’Animal Triste ?

Sébastien : Ce sont eux qui le disent le mieux. Souvent ils viennent pour nous dire que ça leur fait du bien de voir des mecs qui suent avec des guitares dans les mains, ça faisait longtemps qu’ils n’avaient pas vu ça.

Mathieu : C’est vrai qu’on a eu pas mal de gens qui nous disent « merci, ça fait du bien ». Et là tu te dis bah ouais.

Yannick : Ça se voyait aux sourires des gens hier dans la salle, c’était sans équivoque quoi.

Mathieu : C’est comme si on s’autorisait à faire quelque chose que les gens ont envie d’écouter, alors que soit ils n’en font pas soit ils ont arrêté d’en écouter. Alors que le Rock il est là depuis toujours. Il a plein d’autres formes et tu as vraiment l’impression que ça n’existe plus.

Quel est votre ou vos meilleur(s) souvenir(s) de cette tournée d’automne ?

Darko : Je crois qu’on disait qu’on avait commencé la tournée par les dates dites locales, moi mon premier bon souvenir c’est juste de prendre la route dans un van avec ces animaux-là et de tracer la route pour faire des bornes. Et donc inévitablement sur ces kilomètres il y a un autoradio, et on écoute des trucs.

Mathieu : Il y a eu une petite compilation de Michel Jonasz en allant en Bretagne et on a un peu rigolé.

Cédric : Moi pour redresser la barre, je dois dire que j’ai un très bon souvenir d’avoir écouté le dernier IDLES en rentrant de Brest.

Crédits photo : Amélie Garnier

D’ailleurs est-ce que vous avez une anecdote de tournée ?

Fabien : On allait à Nantes, et le camion ne démarrait pas. Donc on a appelé un pote garagiste en urgence qui a fait démarrer le camion avec de la laque à cheveux.

Darko : Et Elnett a sauvé notre tournée.

Fabien : C’était ça sinon on ne partait pas à Nantes

Philou : Non mais après qu’est-ce qu’il y a eu ? Cédric tu as pété une tête d’ampli sur scène quand même à Brest.

Fabien : Et un clavier pour Darko.

Cédric : Oui la tête d’ampli basse qui s’est mise en sécurité à Brest, qui nous a fait le faux espoir de refonctionner en répétitions mais non. Donc on a dû aller chercher une tête d’ampli en catastrophe hier matin pour la date parisienne. C’est une petite anecdote de plus.

Sébastien : Moi j’ai pété une corde sur la première chanson du premier concert et depuis plus jamais. C’était la nervosité, j’étais trop tendu du poignet droit.

Est-ce que vous avez un rituel avant de monter sur scène ?

Mathieu : Ça, on ne peut pas en parler.

Yannick : Non mais on se fait des petits câlins.

Darko : Oui c’est ce que j’allais dire, on est plutôt câlins. Ce n’est pas très wild mais affectueux, Animal Câlins.

Fabien : On essaye juste de rigoler un maximum, donc beaucoup de blagues et quelques bières on ne va pas se mentir.

Mathieu : Mais pas trop avant de monter sur scène.

Darko : Non non on fait gaffe avant.

Vous avez de tops collaborations pour votre merch, ça s’est fait comment ?

Darko : L’Animal Beer. On a une collab avec des gars qui s’appellent SPORE, c’est une coopérative et ils brassent une bière bio et éthique. Ce sont des gens hyper cool. Et j’ai une histoire avec un mec de ce collectif-là avec qui on a bossé dans une ancienne vie pour un festival de rock. Et je lui ai dit que s’il y avait bien un point commun entre nous tous c’est l’amour de ce doux nectar. Et du coup voilà on a brassé l’Animal Beer avec eux, conjointement. Ça c’était cool. On a fait quoi d’autre comme collab ? Bud skateshop.

Cédric : Oui parce que je travaille de temps en temps avec un gars qui a plusieurs magasins de skate en France.

Darko : Cédric c’est le skater du groupe à la base.

Cédric : Je fus, je fus. Moi je suis architecte à côté pour la petite histoire, et donc pour élaborer le futur skatepark de Rouen on a essayé de faire bouger les choses avec ce gars-là. Donc j’ai été amené à bosser pas mal avec lui. On s’entendait bien et en plus moi étant ancien pratiquant je traîne souvent dans son magasin. Je savais qu’il avait déjà fait des collaborations pour des planches avec des groupes de Rouen. Donc je lui ai dit « est-ce que tu fais toujours ça ? ». Il m’a dit « bah ouais carrément, on va écouter pas de soucis ». Il a fait 150 planches qu’il a réparties dans ses différents magasins. On en prend autant qu’on veut pour les vendre, on lui donne ce que ça lui coûte et le reste c’est pour nous. C’est hyper cool de sa part.

Fabien : On va avoir d’autres collaborations encore. Avec un maître verrier, vous verrez pourquoi bientôt. Et aussi avec un mec qui fait des pédales, on va sortir des Fuzz et des Overdrive. On fait tout ça en local. C’est-à-dire qu’à chaque fois on travaille vraiment en circuit court. On est locamusivore, on essaie de bosser avec les gens tout autour de nous. C’est une grande famille. Moi je travaille dans une école de musique et mon directeur c’est lui qui fait toutes nos images. Le clip de Dancing in the Dark c’est lui. On travaille vraiment dans un cercle très fermé, avec des potes et dans des conditions cool. C’est un peu le principe de base du groupe, pas de relous.

Crédits photo : Amélie Garnier

Vous jouez de nombreuses chansons sur scène dont certaines que l’on ne retrouve pas sur le premier album. Va-t-on les retrouver sur le prochain ?

Cédric : Toutes celles que vous ne connaissiez pas, sont dessus.

Mathieu : L’album sort le 4 février. Vous avez le titre ? Vous le voulez ? Pouic-pouic le retour des pirates. BAM. Non c’est Night of the Loving Dead.

Tell me how bad I am, c’est le premier extrait de votre futur album en collaboration avec Peter Hayes de Black Rebel Motor Circle Club. Quelle est l’origine de cette collaboration ?

Mathieu : On a fait une liste en gros de gens avec qui on aimerait travailler. Il n’y avait pas de français, c’est rigolo hein. On avait listé pas mal de gens, il y avait les Black Angels, The National, Nick Cave vous imaginez ce genre de garçons. Et puis il y avait Black Rebel depuis toujours en fait. Et c’est difficile d’avoir les contacts de ces gens parce qu’on te file le contact d’un agent du bureau anglais puis d’un agent du bureau américain… Et j’avais contacté un mec de chez Pias qui m’avait dit « écoute Black Rebel laisse tomber, ils feront aucun feat. Laisse tomber ce n’est vraiment pas possible ». Mais ça m’embêtait quand même donc j’ai tapé simplement sur internet Black Rebel contact. Ça m’a emmené sur d’autres sphères, et du jour au lendemain je me suis retrouvé en contact avec leur agent. Il m’a dit « je fais écouter à Peter » et le lendemain on avait un mail de Peter. Tout de suite à ne parler que de musique, ça n’a jamais été une histoire de thunes jamais. Vraiment pour le plaisir de la musique. Le mec est d’une élégance dans ses réponses, dans ses messages. Il a vraiment la classe. Je me suis dit que c’était le 06 le plus cool que j’avais dans mon téléphone. On était comme des dingues. Rien que de te dire que ta musique va être écoutée par des gens que tu surkiffes et qui font que tu fais ce métier c’est génial. Le mec il t’envoie un truc où il joue de la guitare d’abord sur une de tes chansons puis sur deux et pas que de la guitare, il a rajouté des claviers. Et je me souviens lui écrire « je ne sais pas comment te remercier », et il me dit « non c’est le plaisir de la musique ». C’est juste incroyable.

Fabien : Ce qui est bien, c’est qu’on se retrouve dans les valeurs.

Mathieu : Quand je vous dis que les mecs sont cool, c’est vraiment d’une coolitude. On est trop fier. On devait faire un feat avec le chanteur des Black Angels aussi, mais là on a eu un problème de timing. C’était compliqué, mais on ne désespère pas.

Sébastien : Paradoxalement j’ai trouvé que c’est arrivé de manière comme tu dis très naturelle, et ça me semble vachement plus facile de faire une collab avec des musiciens étrangers qu’avec des musiciens français. En France nous, on a essayé avec La Maison Tellier à plusieurs reprises et ce n’est pas facile en fait. Ce n’est pas dans la culture en France, j’ai l’impression qu’on regarde s’il n’y a pas une double intention. Tu vois du genre « qu’est-ce qu’on a à y gagner à faire ça ? Qu’est-ce qu’on a à y perdre ? ». Peter Hayes, il s’en foutait. Il a fait « tient la chanson elle est cool, je vais jouer dessus » point. J’ai l’impression que peut-être les musiciens américains, ils ne se posent pas ce genre de questions.

Fabien : Son manager se les pose pour lui.

Mathieu : C’est ça, il a squeezé directement le manager. Mais moi à titre très personnel ce qui est rigolo, c’est que je n’ai pas tout de suite aimé ce groupe. C’est Darko qui je me souviens me ramène leur premier album et ça ne me parle pas.

Darko : C’est simple l’album à 20 ans cette donc année donc il y a 20 ans. Moi à la première écoute j’ai été subjugué en me disant « c’est ma vie, c’est ça que je veux faire vraiment ». C’est pour ça que je suis bouleversé par ce feat.

Mathieu : Par ricochets ce qui est ouf, c’est que je trouvais ça pas mauvais mais je n’avais pas reçu le truc. Et je me souviens d’aller voir un film qui s’appelle Nine Songs où on les voit en live et pour moi c’est BRMC qui vole au-dessus des autres. Et avec Radiosofa à ce moment-là on signe chez Pias qui nous filent leur troisième album, et on va les voir tous les trois (avec Darko et Fabien) à l’Elysée Montmartre où je me prends une claque mais un truc. Tu te dis « mais qu’est-ce qui vient de se passer ? ». Ce qui fait que même l’histoire personnelle est rigolote. Le deuxième album de Radiosofa était un peu sous l’emprise de BRMC. C’est assez marrant que ce truc voyage, de groupe en groupe.

Pour la suite va-t-on vous retrouver sur une seconde partie de tournée ?

Mathieu : bah écoute si tout se passe bien. On va croiser tout ce qu’on a.

Cédric : En tout cas c’est le projet.

Sébastien : C’est aussi compliqués parce que ça va faire genre un an que tous les gens des milieux autorisés nous disent attention il va y avoir un gros embouteillage et bah là c’est maintenant. 2022, c’est déjà blindé donc les tourneurs ont du mal à booker tout ce qui est pas super visible. Il n’y a que la surface déjà visible de l’iceberg qui à plus de visibilité qu’avant encore parce qu’il n’y a plus de place pour le reste en fait. Donc oui on va faire ce qu’on peut.

Cédric : On en fera, mais peut-être pas autant qu’on veut.

Mathieu : Moi je suis sûr qu’on va y arriver.

Est-ce que vous voudriez partager une chanson sur scène avec quelqu’un ? Si oui avec qui ?

Amélie : Mathieu te ne peux pas répondre Nick Cave.

Mathieu : On ne peut pas répondre Nick Cave c’est ça ?

Sébatien : Tu veux partager la scène avec Nick Cave, mais tu es cinglé. Moi je ne partage pas la scène avec Nick Cave.

Darko : Mais moi je rêve de me prendre une leçon par Nick Cave et les Bad Seeds. Non mais je ne sais pas qui d’autre ?

Mathieu : Avec Black Rebel forcément.

Darko : C’est vrai qu’on pourrait faire un peu d’international avec eux.

Fabien : Avec Mark Lanegan, j’aimerais bien mais j’aurais peur. Je ne sais pas si cela serait super, l’homme à l’air un peu compliqué.

Mathieu : Je pense que ça serait bien cohérent, ça serait cool.

Cédric : Je serais plus BRMC, parce qu’ils sont plus proches de nous et Nick Cave je ne saurais pas trop comment me placer.

Mathieu : J’imagine la Route du Rock, on joue et il est là quoi.

Sébastien : Moi j’aimerais bien PJ Harvey ou Sharon Van Etten.

Mathieu : Et vous avec qui vous voulez nous voir jouer ?

Darko : C’est pas mal ça.

Jess: Bah moi je réponds Nick Cave forcément ( Nick, si tu nous lis …)

Amélie : Ça serait bizarre vraiment, mais avec The Cure.

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Par Amélie. G & Jess. D

ANIMAL TRISTE

L’Artwork par Léonard TITUS

À l’occasion de la sortie du premier album d’Animal Triste le 4 décembre dernier notre magazine n’existait pas. Et c’est avec la version live de quatre de leur chanson, que les membres du groupe rouennais sont ressortis de leur tanière en ce printemps 2021. Il nous tenait à cœur de vous en parler.

Animal Triste c’est la réunion de six amis musiciens, Mathieu Pigné (Radiosofa / Darko) à la batterie, Fabien Senay (Radiosofa) à la guitare, Yannick Marrais (La Maison Tellier) au chant, David Faisques (Darko) aux claviers et à la guitare, Cédric Kerbache (Dallas) à la basse et Sébastien Miel (La Maison Tellier) à la guitare, autour de leur premier amour le rock le vrai.

Leur ambition ? Nous proposer une musique qui parle aux tripes. En cette période, il est plus qu’important de revenir à l’essentiel, aux choses vraies sans faux-semblant. C’est ce que nous propose le premier album éponyme d’Animal Triste. Un rock sans compromis, sans concessions comme un acte de résistance. Pari réussi, c’est l’album qu’ils ont rêvé d’entendre, pour notre part c’est l’album qu’on adore écouter.

Darkette Live Session

Chaque mercredi durant quatre semaines ils nous ont proposé un extrait live de leur album. Le premier extrait de ces lives enregistrés au Kalif à Rouen et première chanson de l’album, la sombre Darkette. Suivie par la très réussie reprise de Dancing in The Dark de Bruce Springsteen, qui presque quatre décennies après sa sortie fait plus que jamais écho à l’ambiance actuelle. C’est avec Out of Luck que le groupe nous emporte pour une avant-dernière session live et pour conclure ces dernières on ferme les yeux et on se laisse porter par la mélancolie de Sky is Something New. (Ce fut bien trop court )

Sky is something new Live Session

On ne peut que vous conseiller d’aller jeter une oreille (les deux c’est mieux) à l’album d’Animal Triste et un œil aux sessions live. Ça nous a donné une envie furieuse d’aller les voir sur scène dans la vie d’après. Un concert est prévu à la Maroquinerie à Paris le 25 novembre prochain. On attend la suite avec impatience.

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Par Amélie. G