Animal Triste

Crédits photo : Amélie Garnier

Les membres du groupe Animal Triste ont bien voulu nous accueillir dans leur tanière le 26 novembre dernier pour répondre à quelques-unes de nos questions. Nous vous proposons donc ce soir de découvrir nos retours sur leur tournée d’automne ainsi que la plus cool des interview.

Amélie : Qu’on se le dise je suis quelqu’un de très réservé, demandez à Jess elle confirmera (je confirme) . Mais s’il y a bien quelque chose qui peut me faire sortir de ma réserve c’est bien la musique, encore plus s’il s’agit d’un concert de rock ! Alors oui je n’ai pas le vocabulaire d’une professionnelle dans ce domaine mais à la Boîte à Musiques Magazine on essaie de partager la musique que l’on aime avec le cœur. Alors c’est parti pour mon retour sur la tournée d’automne d’Animal Triste. Vous l’aurez peut-être déjà compris Animal Triste c’est un groupe de rock que l’on appréciait déjà particulièrement en version studio, mais si vous n’avez pas eu l’occasion d’aller les voir en live vous avez loupé quelque chose. Depuis septembre nous les avons vus défendre leur projet sur scène (de façon tout à fait raisonnable bien évidemment), d’Évreux à Wattrelos en passant par Rouen, Massy et Paris. On a donc pu apprécier à travers ces cinq dates l’évolution de ce groupe de six potes composé de Yannick au chant, Mathieu à la batterie, Cédric à la basse, Darko à la guitare et au clavier, Fabien et Sébastien aux guitares. Un concert d’Animal Triste ça prend aux tripes, c’est cette énergie folle qui ne vous lâchera pas jusqu’à la dernière note qui raisonnera sur scène. Un voyage rock authentique porté par la voix envoûtante de Yannick et par ces musiciens à la complicité évidente. Un set captivant mêlant les chansons de leur premier album éponyme et de l’album à venir, ne laissant aucun répit. Les six animaux ne nous donnent la permission de reprendre notre souffle qu’après le rappel avec une version toute particulière d’Amor Bay pour repartir de plus belle avec la sauvage et finale Darkette. Je ne saurais que trop vous conseillez si l’occasion se présente à vous, de vous laisser convaincre de les voir en live. Je vous promets, ça vaut le coup.

Jess : Les personnes qui me connaissent savent qu’Animal Triste, c’est mon groupe coup de cœur de ces derniers temps. J’attendais donc avec impatience de pouvoir tracer les kilomètres d’autoroutes et de routes nationales avec mon acolyte de toujours pour enfin les voir sur scène (je lance un appel à toutes les stations autoroutières, n’hésitez pas à nous contacter pour tout partenariat concernant les bouteilles d’Evian ainsi que les sandwiches triangle, nous en serions dignes représentantes). Avant de commencer, il faut que vous soyez prévenus, une fois que vous avez mis un pied à un de leur concert, c’est comme une drogue, vous allez avoir envie de tous les enchaîner. Et je vous encourage vivement à faire de même dès la reprise de leur tournée. Pour notre part c’est chose faite. Et à la question :  « alors qu’est-ce que ça donne sur scène ? » bah c’est la folie ! Dès leur entrée, on sait qu’on va avoir le droit à du très lourd ! Chose qui se confirme à la première note, et qui se reconfirme dès que Yannick se met à chanter. Cette voix qui ne ment pas, la même que l’on retrouve sur l’album et qui est d’une intensité incroyable. Ils n’ont pas besoin d’artifices c’est indéniable. Entre eux c’est fluide, ils sont six mais finalement ne font plus qu’un. Ils ont la même envie : celle de déchaîner les enfers d’un rock qui n’est pas mort, faire trembler les murs et les plafonds (Bien trop bas dans certaines salles, à de nombreuses reprises j’ai craint pour la vie des guitaristes.) Vous l’aurez compris, Animal Triste c’est le feu et je n’ai qu’une hâte : que leur nouvel album sorte et enchaîner à nouveau les futures dates de leur prochaine tournée.

Crédits photo : Amélie Garnier

Animal Triste c’est quoi pour vous ?

Yannick : Ça a commencé comme une récréation, si on peut dire ça. Et puis, il y a eu de plus en plus de potes qui sont venus se greffer au jeu qu’on était en train de faire. Je ne sais pas moi, c’est un peu l’instrument de notre vengeance. Enfin ce n’est pas du tout négatif mais en gros, c’est un projet où l’on fait ce qu’on n’a jamais trop pu faire dans nos autres projets respectifs. C’est le groupe d’ados dans un garage qu’on n’a peut-être pas tous eu. Moi je sais que je ne l’ai pas eu donc je me rattrape de ça.

Mathieu : Moi je suis d’accord c’est très bien. C’est un purgatoire quoi !

Sébastien  : Un exutoire plutôt qu’un purgatoire.

Darko : Non mais c’est un peu une réponse à tous nos questionnements, de pourquoi on fait de la musique tout simplement, pourquoi on a décidé à un moment d’en faire notre vie. Ça redonne un sens un peu à tout. Et effectivement, il parlait de ce fantasme adolescent de groupe dans un garage, et on retrouve ça à nos âges avancés. La joie de se retrouver dans un van avec des potes, faire des kilomètres et jouer nos chansons dans pleins de lieux différents. C’est une récré.

Mathieu : C’était aussi, comment dire pour un peu rendre hommage aux gens qu’on a vraiment aimés. De se dire pourquoi on a fait de la musique, qu’est ce qui nous a animés au départ. On parlait des Doors, de Nick Cave et bien parce que ces gens étaient là. Et est-ce qu’on ne pourrait pas faire ça entre potes ?

Votre premier album a presque 1 an, elle s’est passée comment cette première année de vie ?

Darko : C’était hyper paradoxal parce que normalement le cycle, c’est une sortie d’album puis la promo et une tournée. On enchaîne et on a plus le temps de penser à rien. À cause du contexte on a été bloqués, assignés à domicile mais on n’a jamais autant joué que cette année-là où on a été supposé ne rien faire. Très vite on a dû se projeter sur un avenir, certes incertain à l’époque, mais on a très vite enchaîné avec les gars. On a composé et on a bossé sur le prochain album à venir alors qu’on n’avait même pas encore tourné pour le premier. Et effectivement c’est bizarre. On n’avait le droit de ne rien faire et pourtant on n’a jamais été aussi actifs que durant ces quelques mois qui viennent de s’écouler. La tournée est supposée être le point d’orgue et le rush alors que nous, on prend ça plus comme une détente, par rapport à tout ce qu’on s’est infligé comme masse de boulot. Là ça y est c’est les vacances, c’est la colonie on a le droit de faire des bornes.

Fabien : Il y a un truc très paradoxal, on tourne pour le premier album mais on joue pas mal de morceaux du deuxième.

Darko : Que l’on n’a pas encore sorti !

Fabien : On revient un peu à l’ancienne où on faisait des tournées avant les sorties d’album. Où les mecs présentaient leur nouveau disque en tournée.

Cédric : Ils tournaient et pas forcément en rapport avec leur actualité. Ils faisaient des tournées parce qu’il fallait bien manger. Et donc en tournée tu joues les chansons que tu bosses en ce moment, peu importe si l’album vient de sortir ou s’il va sortir.

Fabien : Du coup, c’est assez rigolo de se dire on est censé tourner le premier album et finalement on défend quasiment un album trois quarts. Remarque, ça a été plus facile pour nous de faire la liste on avait plein de morceaux à jouer.

Crédits photos : Amélie Garnier

C’est votre première tournée ensemble, vous avez pu trouver chacun vos marques ?

Mathieu : C’est fluide, c’est comme quand on fait une soirée entre potes, tu vois.

Sébastien : C’est toujours bien les premiers instants d’une relation, tout est beau quoi. On verra la deuxième tournée si là tout est formidable. (Rires)

Yannick : On se connaît tellement tous bien.

Darko : C’est notre première tournée tous ensemble.

Mathieu : C’est un peu l’agence tous risques.

Darko : On se connaît depuis tellement d’années. Certains sont voisins, d’autres sont allés à l’école ensemble dans les années soixante. On part même en vacances ensemble.

Mathieu : Non mais c’est facile, c’est tout simple. On ne se pose pas de questions, on va droit au but et c’est chouette.

Comment avez vous travaillé et choisi la set list ?

Darko : Cette période particulière a induit que nous reportions cette tournée à maintes reprises mais nous nous estimons heureux car les concerts ont finalement eu lieu… Le fait est que nous avons doublé notre répertoire durant cette longue attente imposée par ce satané virus avec la composition et l’enregistrement du deuxième album et ça aurait été très frustrant pour nous de ne pas intégrer quelques nouveaux morceaux à la setlist… Du coup même si cette tournée découlait de notre premier album, on n’a pas pu résister à la tentation, certes par plaisir, mais aussi afin de parfaire les atmosphères et tenir un concert sur la longueur sans qu’il y ait de creux. C’est une petite science en soi et rien n’est laissé au hasard dans la construction d’un set. Jusqu’au rappel

Vous êtes tous normands si je ne me trompe pas, vos deux premières dates étaient à Gisacum (Le Vieil-Évreux) et au 106 (Rouen). Ça vous à fait quoi de commencer à la maison ?

Mathieu : Seb, toi qu’est-ce que ça t’a fait ?

Sébastien : Moi j’étais à l’étranger (rires). Non mais c’était très bien et en même temps il y avait un côté un peu exutoire. Il était temps.

Cédric : Ça faisait du bien.

Fabien : À Gisacum c’était super, c’était un lieu assez incroyable.

Cédric : Et aussi toute la journée on a prié pour qu’il ne pleuve pas, ce n’était quand même pas gagné.

Fabien : Et puis aller sur les terres de David pour le premier concert, c’est quand même cool.

Darko : Ça faisait très longtemps que je n’avais pas joué à Évreux. Il y a un petit côté ou tu commences par le dessert, parce qu’inévitablement c’est le début de la tournée, donc en termes de notoriété sur le pays ce n’est pas foufou. Mais en Normandie c’est cool parce qu’il y a nos proches, nos potes, les potes des potes. Du coup on a fait notre premier concert en club à Rouen et on commence par un concert complet.

Mathieu : Moi je crois que dans l’ordre ce que j’ai préféré c’était hier ( à la Maroquinerie ) et Massy (aux primeurs), mais bon après c’est du ressenti.

Cédric : En tout cas il n’y en a aucun où on s’est dit « ce n’était pas bien » quoi !

Darko : C’est toujours à double tranchant les dates à la maison.

Mathieu : Ouais moi je n’aime pas trop.

Darko : Jouer devant sa famille, ses parents, ses amis ça fait un peu plus de stress pour le coup. Et puis on a plein de soucis logistiques à gérer que l’on n’a pas ailleurs, comme gérer les susceptibilités par exemple.

Sébastien : Moi ma date à la maison c’était à Castres.

Crédits photo : Amélie Garnier

Paris a toujours une saveur particulière, qu’avez-vous pensée du concert d’hier ?

Mathieu : C’était la première date à Paris pour Cédric, je suis trop fier.

Cédric : Première date de ma vie à Paris oui. J’étais content, c’était super. À travers l’expérience des gars moi je m’attendais à tout en fait. Parce qu’eux, ils sont passés dans des lieux vachement plus rudes à ce que j’ai compris donc je m’attendais à un accueil beaucoup plus minimaliste. La configuration de la salle n’est ni trop petite ni trop grande. L’accueil et la salle étaient super.

Mathieu : En fait, ce qui est compliqué à Paris c’est que tu as toujours la prod qui prévoit d’inviter les labels, les programmateurs de radio, les programmateurs de festivals. Et qui nous dit attention c’est la date parisienne, il ne faut pas rater le concert. Donc tu as beau te dire je m’en fous, tu as toujours un peu ce truc-là. Mais à nos âges tu t’en fous, avec ce groupe-là vraiment tu t’en fous. Et ça c’est génial. Vous n’avez pas aimé ? Allez vous faire foutre. C’est super.

Cédric : Et puis on n’a pas fait de set spécial. C’est ce que disait Philou, il y a aussi l’écueil des dates parisiennes où tu te sens obligé d’inviter un tel ou un tel pour faire un featuring improbable répété une demi-heure avant le show. Donc un truc bancal.

Vous avez rencontré votre public, qu’est-ce que vous voulez que les gens retiennent d’un concert d’Animal Triste ?

Sébastien : Ce sont eux qui le disent le mieux. Souvent ils viennent pour nous dire que ça leur fait du bien de voir des mecs qui suent avec des guitares dans les mains, ça faisait longtemps qu’ils n’avaient pas vu ça.

Mathieu : C’est vrai qu’on a eu pas mal de gens qui nous disent « merci, ça fait du bien ». Et là tu te dis bah ouais.

Yannick : Ça se voyait aux sourires des gens hier dans la salle, c’était sans équivoque quoi.

Mathieu : C’est comme si on s’autorisait à faire quelque chose que les gens ont envie d’écouter, alors que soit ils n’en font pas soit ils ont arrêté d’en écouter. Alors que le Rock il est là depuis toujours. Il a plein d’autres formes et tu as vraiment l’impression que ça n’existe plus.

Quel est votre ou vos meilleur(s) souvenir(s) de cette tournée d’automne ?

Darko : Je crois qu’on disait qu’on avait commencé la tournée par les dates dites locales, moi mon premier bon souvenir c’est juste de prendre la route dans un van avec ces animaux-là et de tracer la route pour faire des bornes. Et donc inévitablement sur ces kilomètres il y a un autoradio, et on écoute des trucs.

Mathieu : Il y a eu une petite compilation de Michel Jonasz en allant en Bretagne et on a un peu rigolé.

Cédric : Moi pour redresser la barre, je dois dire que j’ai un très bon souvenir d’avoir écouté le dernier IDLES en rentrant de Brest.

Crédits photo : Amélie Garnier

D’ailleurs est-ce que vous avez une anecdote de tournée ?

Fabien : On allait à Nantes, et le camion ne démarrait pas. Donc on a appelé un pote garagiste en urgence qui a fait démarrer le camion avec de la laque à cheveux.

Darko : Et Elnett a sauvé notre tournée.

Fabien : C’était ça sinon on ne partait pas à Nantes

Philou : Non mais après qu’est-ce qu’il y a eu ? Cédric tu as pété une tête d’ampli sur scène quand même à Brest.

Fabien : Et un clavier pour Darko.

Cédric : Oui la tête d’ampli basse qui s’est mise en sécurité à Brest, qui nous a fait le faux espoir de refonctionner en répétitions mais non. Donc on a dû aller chercher une tête d’ampli en catastrophe hier matin pour la date parisienne. C’est une petite anecdote de plus.

Sébastien : Moi j’ai pété une corde sur la première chanson du premier concert et depuis plus jamais. C’était la nervosité, j’étais trop tendu du poignet droit.

Est-ce que vous avez un rituel avant de monter sur scène ?

Mathieu : Ça, on ne peut pas en parler.

Yannick : Non mais on se fait des petits câlins.

Darko : Oui c’est ce que j’allais dire, on est plutôt câlins. Ce n’est pas très wild mais affectueux, Animal Câlins.

Fabien : On essaye juste de rigoler un maximum, donc beaucoup de blagues et quelques bières on ne va pas se mentir.

Mathieu : Mais pas trop avant de monter sur scène.

Darko : Non non on fait gaffe avant.

Vous avez de tops collaborations pour votre merch, ça s’est fait comment ?

Darko : L’Animal Beer. On a une collab avec des gars qui s’appellent SPORE, c’est une coopérative et ils brassent une bière bio et éthique. Ce sont des gens hyper cool. Et j’ai une histoire avec un mec de ce collectif-là avec qui on a bossé dans une ancienne vie pour un festival de rock. Et je lui ai dit que s’il y avait bien un point commun entre nous tous c’est l’amour de ce doux nectar. Et du coup voilà on a brassé l’Animal Beer avec eux, conjointement. Ça c’était cool. On a fait quoi d’autre comme collab ? Bud skateshop.

Cédric : Oui parce que je travaille de temps en temps avec un gars qui a plusieurs magasins de skate en France.

Darko : Cédric c’est le skater du groupe à la base.

Cédric : Je fus, je fus. Moi je suis architecte à côté pour la petite histoire, et donc pour élaborer le futur skatepark de Rouen on a essayé de faire bouger les choses avec ce gars-là. Donc j’ai été amené à bosser pas mal avec lui. On s’entendait bien et en plus moi étant ancien pratiquant je traîne souvent dans son magasin. Je savais qu’il avait déjà fait des collaborations pour des planches avec des groupes de Rouen. Donc je lui ai dit « est-ce que tu fais toujours ça ? ». Il m’a dit « bah ouais carrément, on va écouter pas de soucis ». Il a fait 150 planches qu’il a réparties dans ses différents magasins. On en prend autant qu’on veut pour les vendre, on lui donne ce que ça lui coûte et le reste c’est pour nous. C’est hyper cool de sa part.

Fabien : On va avoir d’autres collaborations encore. Avec un maître verrier, vous verrez pourquoi bientôt. Et aussi avec un mec qui fait des pédales, on va sortir des Fuzz et des Overdrive. On fait tout ça en local. C’est-à-dire qu’à chaque fois on travaille vraiment en circuit court. On est locamusivore, on essaie de bosser avec les gens tout autour de nous. C’est une grande famille. Moi je travaille dans une école de musique et mon directeur c’est lui qui fait toutes nos images. Le clip de Dancing in the Dark c’est lui. On travaille vraiment dans un cercle très fermé, avec des potes et dans des conditions cool. C’est un peu le principe de base du groupe, pas de relous.

Crédits photo : Amélie Garnier

Vous jouez de nombreuses chansons sur scène dont certaines que l’on ne retrouve pas sur le premier album. Va-t-on les retrouver sur le prochain ?

Cédric : Toutes celles que vous ne connaissiez pas, sont dessus.

Mathieu : L’album sort le 4 février. Vous avez le titre ? Vous le voulez ? Pouic-pouic le retour des pirates. BAM. Non c’est Night of the Loving Dead.

Tell me how bad I am, c’est le premier extrait de votre futur album en collaboration avec Peter Hayes de Black Rebel Motor Circle Club. Quelle est l’origine de cette collaboration ?

Mathieu : On a fait une liste en gros de gens avec qui on aimerait travailler. Il n’y avait pas de français, c’est rigolo hein. On avait listé pas mal de gens, il y avait les Black Angels, The National, Nick Cave vous imaginez ce genre de garçons. Et puis il y avait Black Rebel depuis toujours en fait. Et c’est difficile d’avoir les contacts de ces gens parce qu’on te file le contact d’un agent du bureau anglais puis d’un agent du bureau américain… Et j’avais contacté un mec de chez Pias qui m’avait dit « écoute Black Rebel laisse tomber, ils feront aucun feat. Laisse tomber ce n’est vraiment pas possible ». Mais ça m’embêtait quand même donc j’ai tapé simplement sur internet Black Rebel contact. Ça m’a emmené sur d’autres sphères, et du jour au lendemain je me suis retrouvé en contact avec leur agent. Il m’a dit « je fais écouter à Peter » et le lendemain on avait un mail de Peter. Tout de suite à ne parler que de musique, ça n’a jamais été une histoire de thunes jamais. Vraiment pour le plaisir de la musique. Le mec est d’une élégance dans ses réponses, dans ses messages. Il a vraiment la classe. Je me suis dit que c’était le 06 le plus cool que j’avais dans mon téléphone. On était comme des dingues. Rien que de te dire que ta musique va être écoutée par des gens que tu surkiffes et qui font que tu fais ce métier c’est génial. Le mec il t’envoie un truc où il joue de la guitare d’abord sur une de tes chansons puis sur deux et pas que de la guitare, il a rajouté des claviers. Et je me souviens lui écrire « je ne sais pas comment te remercier », et il me dit « non c’est le plaisir de la musique ». C’est juste incroyable.

Fabien : Ce qui est bien, c’est qu’on se retrouve dans les valeurs.

Mathieu : Quand je vous dis que les mecs sont cool, c’est vraiment d’une coolitude. On est trop fier. On devait faire un feat avec le chanteur des Black Angels aussi, mais là on a eu un problème de timing. C’était compliqué, mais on ne désespère pas.

Sébastien : Paradoxalement j’ai trouvé que c’est arrivé de manière comme tu dis très naturelle, et ça me semble vachement plus facile de faire une collab avec des musiciens étrangers qu’avec des musiciens français. En France nous, on a essayé avec La Maison Tellier à plusieurs reprises et ce n’est pas facile en fait. Ce n’est pas dans la culture en France, j’ai l’impression qu’on regarde s’il n’y a pas une double intention. Tu vois du genre « qu’est-ce qu’on a à y gagner à faire ça ? Qu’est-ce qu’on a à y perdre ? ». Peter Hayes, il s’en foutait. Il a fait « tient la chanson elle est cool, je vais jouer dessus » point. J’ai l’impression que peut-être les musiciens américains, ils ne se posent pas ce genre de questions.

Fabien : Son manager se les pose pour lui.

Mathieu : C’est ça, il a squeezé directement le manager. Mais moi à titre très personnel ce qui est rigolo, c’est que je n’ai pas tout de suite aimé ce groupe. C’est Darko qui je me souviens me ramène leur premier album et ça ne me parle pas.

Darko : C’est simple l’album à 20 ans cette donc année donc il y a 20 ans. Moi à la première écoute j’ai été subjugué en me disant « c’est ma vie, c’est ça que je veux faire vraiment ». C’est pour ça que je suis bouleversé par ce feat.

Mathieu : Par ricochets ce qui est ouf, c’est que je trouvais ça pas mauvais mais je n’avais pas reçu le truc. Et je me souviens d’aller voir un film qui s’appelle Nine Songs où on les voit en live et pour moi c’est BRMC qui vole au-dessus des autres. Et avec Radiosofa à ce moment-là on signe chez Pias qui nous filent leur troisième album, et on va les voir tous les trois (avec Darko et Fabien) à l’Elysée Montmartre où je me prends une claque mais un truc. Tu te dis « mais qu’est-ce qui vient de se passer ? ». Ce qui fait que même l’histoire personnelle est rigolote. Le deuxième album de Radiosofa était un peu sous l’emprise de BRMC. C’est assez marrant que ce truc voyage, de groupe en groupe.

Pour la suite va-t-on vous retrouver sur une seconde partie de tournée ?

Mathieu : bah écoute si tout se passe bien. On va croiser tout ce qu’on a.

Cédric : En tout cas c’est le projet.

Sébastien : C’est aussi compliqués parce que ça va faire genre un an que tous les gens des milieux autorisés nous disent attention il va y avoir un gros embouteillage et bah là c’est maintenant. 2022, c’est déjà blindé donc les tourneurs ont du mal à booker tout ce qui est pas super visible. Il n’y a que la surface déjà visible de l’iceberg qui à plus de visibilité qu’avant encore parce qu’il n’y a plus de place pour le reste en fait. Donc oui on va faire ce qu’on peut.

Cédric : On en fera, mais peut-être pas autant qu’on veut.

Mathieu : Moi je suis sûr qu’on va y arriver.

Est-ce que vous voudriez partager une chanson sur scène avec quelqu’un ? Si oui avec qui ?

Amélie : Mathieu te ne peux pas répondre Nick Cave.

Mathieu : On ne peut pas répondre Nick Cave c’est ça ?

Sébatien : Tu veux partager la scène avec Nick Cave, mais tu es cinglé. Moi je ne partage pas la scène avec Nick Cave.

Darko : Mais moi je rêve de me prendre une leçon par Nick Cave et les Bad Seeds. Non mais je ne sais pas qui d’autre ?

Mathieu : Avec Black Rebel forcément.

Darko : C’est vrai qu’on pourrait faire un peu d’international avec eux.

Fabien : Avec Mark Lanegan, j’aimerais bien mais j’aurais peur. Je ne sais pas si cela serait super, l’homme à l’air un peu compliqué.

Mathieu : Je pense que ça serait bien cohérent, ça serait cool.

Cédric : Je serais plus BRMC, parce qu’ils sont plus proches de nous et Nick Cave je ne saurais pas trop comment me placer.

Mathieu : J’imagine la Route du Rock, on joue et il est là quoi.

Sébastien : Moi j’aimerais bien PJ Harvey ou Sharon Van Etten.

Mathieu : Et vous avec qui vous voulez nous voir jouer ?

Darko : C’est pas mal ça.

Jess: Bah moi je réponds Nick Cave forcément ( Nick, si tu nous lis …)

Amélie : Ça serait bizarre vraiment, mais avec The Cure.

Retrouvez Animal Triste sur : Facebook, Instagram, Youtube.

Par Amélie. G & Jess. D

Une réflexion sur « Animal Triste »

  1. Hello ! Sympa l interview… je suis le mec qui vous demande une casquette ANIMAL TRISTE, Franck . Nous nous sommes croisés après votre super concert de Wattrelos ,suis musicien aussi , je peux vous envoyer mon album, réalisé dans mon home studio … et si vous cherchez quelqu’un pour une petite collaboration je suis là 🤣🤣🤣 qui sait…. En tout cas vivement le 04 février ! Encore bravo et à bientôt peut être …
    Franck

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